Côte d’Ivoire : croissance soutenue, budget en hausse et dette maîtrisée à l’horizon 2029
La Côte d’Ivoire entend poursuivre sa trajectoire de forte croissance au cours des prochaines années. Devant les sénateurs réunis dans le cadre du débat d’orientation budgétaire, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a présenté un tableau particulièrement favorable des perspectives économiques du pays pour la période 2027-2029.
Porté par le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEF) 2027-2029, cet exercice stratégique dessine les grandes orientations économiques et financières du gouvernement et confirme l’ambition des autorités de consolider les acquis de ces dernières années.
Une économie ivoirienne résiliente malgré les incertitudes mondiales
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les fluctuations des marchés et les défis liés à la croissance mondiale, les autorités ivoiriennes affichent leur confiance dans la capacité de l’économie nationale à maintenir son dynamisme.
Selon les projections présentées par Adama Coulibaly, le taux de croissance économique devrait atteindre une moyenne annuelle de 6,8 % sur la période 2027-2029. Cette progression culminerait à 7,7 % en 2029, confirmant la place de la Côte d’Ivoire parmi les économies les plus dynamiques du continent africain.
Pour le ministre, ces performances sont le résultat du dynamisme des secteurs productifs, de la poursuite des investissements publics et privés ainsi que des réformes structurelles engagées par le gouvernement.
Un budget de l’État en forte progression
Les perspectives budgétaires traduisent également cette dynamique économique. Le budget de l’État devrait connaître une croissance régulière au cours des prochaines années.
Les prévisions officielles indiquent une progression du budget de :
- 17 350 milliards FCFA en 2026 ;
- 18 466 milliards FCFA en 2027 ;
- 20 485 milliards FCFA en 2028 ;
- 22 315 milliards FCFA en 2029.
Cette hausse repose principalement sur une amélioration continue de la mobilisation des ressources internes et sur le renforcement des performances fiscales.
Les recettes fiscales devraient ainsi passer à 8 818 milliards FCFA en 2027 avant d’atteindre 11 512 milliards FCFA en 2029, illustrant la volonté du gouvernement de réduire progressivement sa dépendance aux financements extérieurs.
Lire aussi : Budget 2026-2028 : la Côte d’Ivoire vise 20 218,5 milliards FCFA d’ici 2028
Déficit budgétaire et dette publique sous contrôle
L’un des principaux enseignements du DPBEF concerne l’amélioration progressive des équilibres macroéconomiques.
Après avoir été ramené de 6,7 % du PIB en 2022 à 3 % en 2025, le déficit budgétaire enregistrerait une légère remontée à 3,8 % du PIB en 2026 avant de revenir à 3 % dès 2028, conformément au critère de convergence fixé par l’UEMOA.
La dette publique suivrait également une trajectoire favorable. Alors que le ratio dette/PIB avait atteint 59,5 % en 2024, il devrait progressivement reculer pour s’établir à 52,8 % en 2029.
Cette évolution traduit la volonté des autorités de maintenir la soutenabilité des finances publiques tout en poursuivant les investissements nécessaires au développement économique.
Le capital humain et les infrastructures au cœur des priorités
Alignée sur les objectifs du Plan national de développement (PND) 2026-2030, la stratégie budgétaire du gouvernement accorde une place importante aux secteurs sociaux.
Près de 28,3 % des ressources budgétaires seront consacrées au développement du capital humain, notamment à travers :
- l’éducation ;
- la santé ;
- l’emploi ;
- la protection sociale.
Parallèlement, environ 49 % des ressources budgétaires seront orientées vers les infrastructures structurantes, le développement des pôles économiques régionaux et les projets liés à la transition écologique.
Cette répartition traduit la volonté des autorités de concilier croissance économique, inclusion sociale et développement durable.
Des réformes fiscales et environnementales en perspective
Le gouvernement entend poursuivre les réformes destinées à renforcer l’efficacité de l’action publique et à améliorer les recettes de l’État.
Parmi les principales mesures annoncées figurent :
- la rationalisation des exonérations fiscales ;
- l’accélération de la digitalisation des administrations fiscale et douanière ;
- le déploiement progressif d’une fiscalité verte ;
- l’introduction de mécanismes liés à la taxe carbone.
Ces réformes visent à moderniser le système fiscal, améliorer le recouvrement des recettes et accompagner les engagements environnementaux du pays.
Une trajectoire économique ambitieuse jusqu’en 2029
À travers ce cadrage budgétaire et économique, le gouvernement ivoirien affiche sa détermination à maintenir un rythme de croissance élevé tout en renforçant la solidité des finances publiques.
Entre hausse des recettes fiscales, maîtrise de la dette, investissements massifs dans les infrastructures et développement du capital humain, la Côte d’Ivoire mise sur une transformation économique durable pour consolider son statut de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest au cours des prochaines années.







