Gabon : l’Intérieur et la Défense sous pression après une réduction de 863 milliards FCFA du budget de l’État
Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 du Gabon met en lumière l’ampleur des ajustements budgétaires opérés par le gouvernement. Auditionnés le 11 juin 2026 devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, la ministre d’État en charge de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, et le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, ont présenté les nouvelles orientations budgétaires de leurs départements dans un contexte marqué par une forte contraction des ressources publiques.
Le budget de l’État est en effet ramené à 5 495,2 milliards de FCFA contre 6 358,2 milliards de FCFA prévus dans la loi de finances initiale, soit une baisse globale de 862,9 milliards de FCFA.
Le ministère de l’Intérieur fortement impacté par les coupes budgétaires
Parmi les départements les plus touchés figure le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Son budget est réduit de plus de 86 milliards de FCFA, passant de 200,4 milliards à 113,6 milliards de FCFA.
Devant les députés, Adrien Nguema Mba a souligné que les crédits prévus dans la loi de finances initiale répondaient à des besoins stratégiques clairement identifiés.
Selon le ministre, ces ressources étaient destinées à soutenir des priorités majeures telles que le renforcement de la sécurité intérieure, la poursuite du processus de décentralisation et la modernisation de l’administration territoriale.
La réduction la plus importante concerne les investissements de la mission « Sécurité », dont les crédits chutent de 83,51 milliards à 9,51 milliards de FCFA, soit une baisse de près de 89 %. Cette situation pourrait ralentir plusieurs projets liés aux équipements et aux infrastructures sécuritaires.
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L’administration territoriale confrontée à des besoins persistants
La mission « Administration du territoire » n’échappe pas non plus à cette politique de rigueur budgétaire. Son enveloppe est réduite de moitié, passant de 16,49 milliards à 8,35 milliards de FCFA.
Le ministre de l’Intérieur a rappelé que de nombreux gouverneurs, préfets et responsables territoriaux exercent encore leurs fonctions dans des bâtiments vétustes ou des logements loués par l’État, une situation qu’il juge peu compatible avec les exigences de leurs missions.
Les parlementaires ont également attiré l’attention sur plusieurs préoccupations persistantes, notamment le manque de moyens logistiques pour les préfets, l’insuffisance des effectifs aux frontières et l’absence de brigades de sécurité dans certaines localités du pays.
La Défense maintient ses priorités stratégiques
De son côté, la ministre d’État en charge de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a présenté les cinq programmes structurants de la mission Défense. Ceux-ci couvrent notamment la préparation et l’emploi des forces armées, l’équipement militaire, la Garde républicaine, les conditions de vie du personnel militaire ainsi que le pilotage de la politique de défense.
La ministre a insisté sur la nécessité de préserver les capacités opérationnelles des forces armées dans un contexte régional marqué par de multiples menaces sécuritaires.
Elle a notamment évoqué les enjeux liés à la protection des frontières nationales, à la lutte contre l’immigration clandestine, au terrorisme et aux différents trafics transfrontaliers qui affectent la sous-région.
Avec une dotation initiale supérieure à 377 milliards de FCFA, la mission Défense demeure l’un des principaux postes budgétaires de l’État gabonais, même si elle devra également composer avec les contraintes imposées par le collectif budgétaire.
Un équilibre difficile entre rigueur budgétaire et impératifs sécuritaires
À travers ces auditions parlementaires, le gouvernement gabonais est confronté à un défi majeur : préserver les grands équilibres des finances publiques tout en garantissant la sécurité nationale, la continuité du service public et l’efficacité de l’administration territoriale.
Dans un contexte économique exigeant, la question de la priorisation des dépenses publiques devient plus que jamais centrale. Les prochains mois permettront de mesurer l’impact réel de ces ajustements budgétaires sur les capacités d’action de l’État et sur la mise en œuvre de ses priorités sécuritaires et administratives.







