Niger : le FMI valide la neuvième revue du programme économique et ouvre la voie à 33 millions de dollars
Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI). À l’issue d’une mission conduite à Niamey du 2 au 12 juin 2026, les services du FMI et les autorités nigériennes sont parvenus à un accord au niveau des services sur la neuvième revue du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).
Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI, attendue fin juillet 2026, cet accord permettra au Niger de bénéficier d’un décaissement de 24,08 millions de DTS, soit environ 33 millions de dollars, destinés à soutenir les besoins de financement extérieur du pays et à accompagner la poursuite des réformes économiques.
Une croissance économique robuste portée par l’agriculture et le pétrole
L’économie nigérienne continue d’afficher une dynamique soutenue malgré un environnement international marqué par de multiples incertitudes. Selon le FMI, la croissance économique du pays a atteint 6,9 % en 2025 et devrait progresser à 7 % en 2026.
Cette performance repose principalement sur la bonne tenue du secteur agricole ainsi que sur l’expansion des activités extractives, notamment les exportations de pétrole brut qui contribuent désormais davantage aux recettes publiques.
À moyen terme, la croissance devrait se maintenir autour de 6,1 %, soutenue par les investissements et les réformes engagées par les autorités.
Un déficit budgétaire maîtrisé malgré les défis
Le FMI souligne également la bonne performance budgétaire du Niger. En 2025, le déficit public s’est établi à 2,9 % du PIB, un niveau inférieur aux prévisions et conforme au critère de convergence de l’UEMOA fixé à 3 % du PIB.
Cette amélioration résulte notamment des efforts de mobilisation des recettes fiscales et de la hausse des revenus pétroliers.
Pour 2026, le déficit devrait toutefois remonter à 3,4 % du PIB afin de financer les dépenses liées à la reconstruction après les catastrophes naturelles de l’année précédente et de soutenir les populations vulnérables confrontées à la hausse des prix des produits de base.
Face aux contraintes de financement, les autorités entendent adopter une politique d’endettement prudente, privilégier les financements concessionnels et utiliser une partie des recettes pétrolières exceptionnelles pour renforcer les marges budgétaires.
Lire aussi : Niger : le FMI valide un décaissement de 90 millions $
Des réformes structurelles jugées satisfaisantes
Les services du FMI estiment que les résultats du programme sont globalement satisfaisants. Les autorités nigériennes ont enregistré des avancées notables dans plusieurs domaines stratégiques.
Parmi les progrès salués figurent :
- le renforcement de la gestion de la trésorerie publique ;
- l’apurement progressif des arriérés ;
- l’amélioration de la transparence dans le secteur pétrolier grâce à la publication des contrats conclus entre l’État et les compagnies pétrolières ;
- les efforts de mobilisation des recettes intérieures.
Le programme soutenu par la FEC vise à consolider la stabilité macroéconomique tout en créant les conditions d’une croissance plus résiliente, inclusive et davantage portée par le secteur privé.
Des risques sécuritaires et climatiques à surveiller
Malgré ces perspectives favorables, le FMI met en garde contre plusieurs facteurs de risque susceptibles d’affecter la trajectoire économique du pays.
Les principales menaces identifiées concernent :
- la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines zones ;
- les conflits régionaux ;
- les chocs climatiques récurrents ;
- la réduction des financements concessionnels ;
- les tensions sur les prix internationaux des produits de base.
Le conflit au Moyen-Orient influence également l’économie nigérienne à travers la hausse des prix du pétrole et des coûts de transport. Si les recettes pétrolières procurent un effet globalement positif pour les finances publiques, les ménages subissent davantage la hausse du coût des importations.
Le secteur privé au cœur de la stratégie économique
Le gouvernement nigérien entend poursuivre les réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et à renforcer le financement de l’économie.
Le FMI souligne notamment la poursuite des initiatives visant à consolider le secteur bancaire, à soutenir les PME et les microentreprises et à favoriser une croissance davantage tirée par le secteur privé.
Ces actions seront notamment appuyées par un programme de redynamisation du secteur financier et par un projet de soutien aux petites entreprises financé par la Banque mondiale.
En maintenant le cap des réformes tout en valorisant les nouvelles ressources pétrolières, le Niger cherche ainsi à consolider ses fondamentaux économiques et à accélérer la mise en œuvre de son plan de développement dans un contexte régional toujours marqué par de fortes incertitudes.







