Kenya et Afrique du Sud signent six accords pour renforcer le commerce et l’intégration africaine
Le Kenya et l’Afrique du Sud franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales. À l’issue d’une visite d’État de deux jours à Pretoria, le président kényan William Ruto et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa ont affiché leur volonté commune d’approfondir leur coopération économique, diplomatique et stratégique, avec en ligne de mire une Afrique plus influente dans le nouvel ordre mondial.
Cette dynamique s’est concrétisée par la signature de six accords couvrant plusieurs secteurs clés : la facilitation du commerce, la coopération maritime et portuaire, l’égalité des genres, la formation technique et professionnelle, les arts et le patrimoine culturel, ainsi que le développement du sport.
Nairobi et Pretoria veulent devenir des moteurs de la transformation africaine
S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe à Pretoria, William Ruto a souligné que le Kenya et l’Afrique du Sud, respectivement premières puissances économiques d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe, ont un rôle déterminant à jouer dans la transformation du continent.
« Aujourd’hui, le Kenya et l’Afrique du Sud défendent ensemble un ordre mondial repensé, dans lequel l’Afrique est pleinement présente, engagée et au cœur des décisions », a déclaré le chef de l’État kényan.
Le président Ruto a salué le rôle historique de l’Afrique du Sud dans la lutte contre l’apartheid ainsi que son action en faveur des intérêts africains sur la scène internationale, notamment dans le cadre de sa présidence du G20.
Pour les deux dirigeants, le continent doit cesser d’être un simple observateur des évolutions mondiales et devenir un acteur majeur dans la définition des solutions aux défis internationaux.
Lire aussi : Kenya : William Ruto veut faire du pays un hub pharmaceutique régional
Une coopération économique en pleine progression
Le commerce bilatéral entre les deux pays poursuit sa progression. Selon William Ruto, les échanges commerciaux sont passés de 590 millions de dollars en 2024 à 650 millions de dollars en 2025, traduisant un renforcement des liens économiques entre Nairobi et Pretoria.
Malgré cette progression, plusieurs obstacles continuent de freiner les échanges. Les deux présidents ont ainsi chargé leurs ministres du Commerce de lever les barrières tarifaires et non tarifaires qui limitent encore les flux d’investissements et d’affaires entre les deux économies.
Les discussions ont également mis l’accent sur l’exploitation du potentiel offert par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les deux pays souhaitent utiliser cet instrument pour créer davantage d’opportunités pour les entreprises, les investisseurs et les industriels africains.
Dans cette perspective, la création prochaine d’un Conseil d’affaires Kenya–Afrique du Sud devrait servir de plateforme permanente pour transformer les engagements politiques en projets économiques concrets.
Les investissements privés au cœur du partenariat
Les deux chefs d’État ont souligné la montée en puissance des investissements croisés entre leurs pays. Plusieurs entreprises kényanes et sud-africaines sont déjà présentes dans des secteurs stratégiques tels que la banque, les télécommunications, la fintech, la logistique, l’éducation, l’aviation ou encore le commerce de détail.
Cette intensification des flux d’investissement témoigne, selon les autorités des deux pays, d’une confiance croissante du secteur privé dans les perspectives économiques du continent.
Pour Cyril Ramaphosa, la ZLECAf constitue un levier essentiel pour accélérer l’industrialisation africaine, stimuler la création d’emplois et favoriser une croissance plus inclusive.
Une intégration facilitée par la libre circulation
La question de la mobilité a également occupé une place importante dans les échanges. William Ruto a salué les résultats de l’accord d’exemption de visa instauré entre les deux pays en 2023.
Selon les autorités sud-africaines, 58 376 Kényans ont visité l’Afrique du Sud en 2025, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré. Cette progression représente une hausse de 18,7 % par rapport aux années précédentes.
Pour le président kényan, cette évolution démontre que la libre circulation des personnes constitue un puissant moteur de prospérité partagée et de rapprochement entre les peuples africains.
Une vision commune pour la réforme de la gouvernance mondiale
Au-delà des enjeux économiques, les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de coordonner leurs positions au sein de l’Union africaine et des Nations unies afin de promouvoir des institutions internationales plus représentatives et plus sensibles aux préoccupations du continent.
William Ruto et Cyril Ramaphosa ont insisté sur la nécessité d’une réforme de la gouvernance mondiale permettant à l’Afrique de jouer un rôle à la hauteur de son poids démographique et économique.
« L’Afrique doit être au centre des efforts visant à transformer l’ordre mondial », a affirmé le président kényan.
Cette visite d’État marque ainsi une nouvelle étape dans le partenariat entre deux des principales économies du continent, déterminées à renforcer l’intégration africaine, stimuler les échanges commerciaux et faire entendre davantage la voix de l’Afrique sur la scène internationale.







