Nigeria : la raffinerie Dangote dépasse les 700 000 barils par jour et accélère ses ambitions mondiales
La raffinerie Dangote franchit une nouvelle étape majeure dans son développement. Le plus grand complexe de raffinage d’Afrique a annoncé avoir porté sa capacité de traitement de pétrole brut à 700 000 barils par jour, dépassant ainsi sa capacité nominale de 650 000 barils quotidiens.
Cette performance renforce les ambitions du groupe fondé par le milliardaire nigérian Aliko Dangote, qui entend faire de son complexe de Lekki l’une des plus grandes plateformes mondiales de raffinage.
Une capacité supérieure aux prévisions initiales
Selon un communiqué de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, ce niveau de production a été atteint à l’occasion d’un test de performance réalisé par les fournisseurs des technologies industrielles utilisées sur le site.
Installée dans la zone industrielle de Lekki, près de Lagos, la raffinerie démontre ainsi sa capacité à fonctionner au-delà de son niveau nominal, tout en maintenant des performances opérationnelles optimisées.
Pour Devakumar Edwin, vice-président chargé du pétrole et du gaz chez Dangote Industries Limited, ce résultat confirme la robustesse technique de l’installation et son potentiel de montée en puissance.
Un objectif de 1,4 million de barils par jour
Le groupe nigérian ne compte pas s’arrêter à cette étape. Un vaste programme d’expansion est déjà en cours afin de porter la capacité du complexe à 1,4 million de barils par jour au cours des 30 prochains mois.
L’ambition affichée est de faire de Dangote la plus grande raffinerie au monde d’ici 2028, une position qui renforcerait considérablement le rôle du Nigeria dans l’industrie pétrolière internationale.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de transformation industrielle visant à accroître la valeur ajoutée locale d’un pays qui demeure l’un des principaux producteurs africains de pétrole brut.
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Réduire la dépendance du Nigeria aux importations
Après plusieurs années de retards et de dépassements budgétaires, la mise en service progressive de la raffinerie depuis 2024 a marqué un tournant pour l’économie nigériane.
L’un des principaux objectifs du projet est de mettre fin à la dépendance du pays aux importations de carburants raffinés. Malgré son statut de géant pétrolier, le Nigeria importait jusqu’à récemment une grande partie de son essence et de son diesel.
L’augmentation de la capacité de production devrait ainsi renforcer l’autosuffisance énergétique du pays tout en réduisant la pression sur les réserves en devises.
Une présence croissante sur les marchés internationaux
Depuis le lancement de ses activités commerciales, la raffinerie a progressivement augmenté sa production d’essence, de diesel et de carburant d’aviation.
Les produits raffinés de Dangote sont désormais exportés vers plusieurs pays africains ainsi que vers des marchés européens, notamment le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas.
L’entreprise indique également avoir livré de l’essence aux États-Unis et du carburant aérien à l’Arabie saoudite, illustrant sa volonté de s’intégrer pleinement aux chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique.
Un pôle pétrochimique en développement
Au-delà du raffinage, Dangote poursuit le développement de ses activités pétrochimiques afin de répondre aux besoins de plusieurs industries africaines.
Le complexe devrait notamment fournir :
- du gaz de pétrole liquéfié (GPL) ;
- du polypropylène ;
- du Linear Alkylbenzene (LAB), utilisé dans la fabrication de détergents.
Cette diversification vise à renforcer l’industrialisation locale et à réduire les importations de matières premières destinées à l’industrie manufacturière.
Un acteur stratégique pour l’Afrique
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes sur les marchés énergétiques mondiaux, la montée en puissance de la raffinerie Dangote apparaît comme un levier important pour la sécurité énergétique du continent.
Avec une capacité désormais supérieure à 700 000 barils par jour et un objectif de doublement à moyen terme, le complexe nigérian confirme sa place parmi les infrastructures industrielles les plus stratégiques d’Afrique et pourrait redessiner durablement les flux régionaux et internationaux de produits pétroliers raffinés.







