Afrique de l’Ouest : les États misent sur la filière riz pour renforcer leur sécurité alimentaire
Les pays d’Afrique de l’Ouest entendent accélérer les investissements dans la filière riz afin de renforcer leur sécurité alimentaire et de réduire leur dépendance aux importations. Réunis à Accra les 2 et 3 juin 2026 dans le cadre de la Table ronde sur l’investissement dans le riz en Afrique de l’Ouest, les représentants de quinze pays ont plaidé pour une mobilisation accrue des financements publics et privés en faveur de cette culture stratégique.
La rencontre a rassemblé des responsables gouvernementaux, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le Groupe de la Banque mondiale ainsi que le Groupe de la Banque africaine de développement autour des enjeux de développement de la chaîne de valeur rizicole régionale.
Un Pacte régional pour attirer davantage de financements
Les échanges ont porté sur plusieurs segments clés de la filière, notamment l’irrigation, la production de semences améliorées, la mécanisation agricole, la transformation industrielle, le stockage et la commercialisation.
Les participants ont soutenu la création d’un Pacte régional d’investissement destiné à mieux coordonner les initiatives nationales et à attirer davantage de capitaux vers le secteur.
Selon Richard Ofori-Mante, directeur du financement agricole et du développement rural à la BAD, la chaîne de valeur du riz offre d’importantes opportunités d’investissement dans des domaines tels que l’agriculture numérique, la logistique, la transformation agroalimentaire et l’entrepreneuriat agricole.
Il estime que le développement de ces activités pourrait contribuer à transformer la croissance démographique de l’Afrique en véritable levier de développement économique.
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Le Togo poursuit sa stratégie de développement de la riziculture
Pour le Togo, cette dynamique régionale s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs années pour accroître la production nationale de riz et réduire la facture des importations.
Les autorités togolaises considèrent la riziculture comme une filière prioritaire pour améliorer la sécurité alimentaire, soutenir les revenus des producteurs et renforcer la balance commerciale du pays.
Des programmes d’appui déjà déployés sur le terrain
Afin de soutenir le développement de la filière, plusieurs programmes publics ont été mis en œuvre ces dernières années. Ils ont notamment permis l’aménagement de bas-fonds agricoles, la distribution d’intrants, l’acquisition d’équipements de transformation et l’accompagnement des coopératives de producteurs.
Parmi les initiatives ayant contribué à la modernisation du secteur figurent le PASA, le PADAT, le PPAAO ainsi que le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest.
Plus de 34 000 riziculteurs soutenus en 2025
Selon le ministère togolais de l’Agriculture, le FSRP, financé avec l’appui de la Banque mondiale, a permis en 2025 de distribuer plus de 342 tonnes de semences certifiées et plus de 2 500 tonnes d’engrais à plus de 34 000 producteurs de riz.
Les premiers résultats enregistrés montrent une amélioration des rendements agricoles ainsi qu’une hausse des revenus des exploitants, renforçant les perspectives de développement de la filière.
À travers cette mobilisation régionale, les pays ouest-africains ambitionnent de bâtir une industrie rizicole plus compétitive, capable de répondre à la demande croissante des populations tout en réduisant la vulnérabilité de la région aux fluctuations des marchés internationaux.







