Financement climatique : la BAD veut accélérer la transformation verte de l’Afrique avant la COP32
En marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement, responsables gouvernementaux, institutions financières internationales, fonds climatiques, acteurs du secteur privé et représentants de la société civile se sont réunis pour un dialogue de haut niveau consacré à l’avenir du financement climatique en Afrique.
Placée sous le thème « Le leadership climatique de l’Afrique : financer la transformation, renforcer les partenariats et tracer la voie vers la COP32 », la rencontre a permis d’évaluer les progrès réalisés et d’identifier les leviers nécessaires pour accélérer la transition climatique du continent.
Quinze ans de partenariat entre la BAD et les Fonds d’investissement climatiques
L’un des temps forts de l’événement a été la présentation du rapport marquant quinze années de coopération entre la Banque africaine de développement et les Fonds d’investissement climatiques (FIC).
Selon Kevin Kariuki, plus d’un milliard de dollars de ressources des FIC ont été mobilisés au cours des quinze dernières années. Ces financements ont permis de générer 2,5 milliards de dollars supplémentaires de la BAD et près de 9 milliards de dollars provenant d’autres partenaires financiers.
Cette capacité d’effet de levier illustre l’importance des mécanismes de financement mixte pour soutenir les projets de résilience climatique, d’énergies propres et de développement durable en Afrique.
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Une mise en œuvre plus rapide désormais attendue
Si les participants ont salué les résultats obtenus, ils ont également insisté sur la nécessité d’accélérer l’exécution des projets.
Pour Tariye Gbadegesin, l’enjeu principal n’est plus l’ambition affichée par les pays africains mais la rapidité de mise en œuvre des initiatives déjà identifiées.
Les intervenants ont souligné que les besoins de financement liés au climat continuent de croître, alors même que de nombreux pays africains font face à des contraintes budgétaires importantes et à des vulnérabilités accrues face aux effets du changement climatique.
Le Fonds pertes et dommages au cœur de l’architecture climatique
Les discussions ont également mis en lumière le rôle grandissant du Fonds de réponse sur les pertes et dommages, conçu pour soutenir les pays les plus exposés aux conséquences du changement climatique.
Son directeur exécutif, Ibrahima Cheikh Diong, a plaidé pour une approche davantage pilotée par les États africains.
Selon lui, les pays bénéficiaires doivent être au centre des décisions afin que les financements répondent réellement à leurs priorités nationales plutôt qu’à une logique d’offre imposée par les bailleurs.
La COP32 en Éthiopie, une opportunité pour l’Afrique
La future COP32, prévue à Addis-Abeba en 2027, a occupé une place centrale dans les échanges.
Pour Semereta Sewasew, cette conférence doit devenir « la COP de l’Afrique » et offrir au continent l’occasion de démontrer son leadership à travers des solutions concrètes de développement vert, d’adaptation climatique et de résilience économique.
Les participants ont estimé que la COP32 pourrait constituer un moment décisif pour repositionner l’Afrique comme acteur majeur de la transition climatique mondiale.
L’adaptation climatique comme investissement stratégique
La Banque africaine de développement a réaffirmé son engagement à soutenir les futures COP organisées sur le continent et à accompagner les États africains dans la mobilisation des ressources nécessaires à leur transition verte.
Pour Kevin Kariuki, les investissements dans l’adaptation climatique ne doivent plus être considérés comme une charge financière mais comme un levier de transformation économique. Ils permettent de renforcer les infrastructures, de sécuriser les chaînes de valeur, d’améliorer l’accès au financement et de soutenir une croissance durable.
À l’issue du dialogue, les participants ont lancé un appel à une mobilisation accrue des financements climatiques, à un renforcement des partenariats internationaux et à une accélération de la mise en œuvre des projets afin que l’Afrique puisse pleinement tirer parti des opportunités offertes par la transition écologique à l’approche de la COP32.







