Le Groupe de la Banque africaine de développement a placé le secteur privé et le commerce intrarégional au cœur de la transformation économique du continent lors d’un forum organisé lundi à Brazzaville, en marge de ses Assemblées annuelles 2026.
Réunissant ministres, responsables d’institutions financières et chefs d’entreprise, cette rencontre a mis l’accent sur le développement des corridors économiques régionaux, des chaînes de valeur transfrontalières et de l’industrialisation comme leviers d’intégration africaine.
Le secteur privé présenté comme moteur central du développement africain
Le Forum du secteur privé était organisé autour du thème : « Rôle et défis de l’entreprise privée dans le développement des corridors économiques et la transformation structurelle des économies africaines ».
Représentant le président de la BAD, Léandre Bassolé a insisté sur la nécessité de replacer le secteur privé au centre des stratégies de développement du continent.
« Le secteur privé n’est pas un acteur périphérique du développement. Il doit devenir l’un des moteurs centraux de la transformation économique africaine », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’Afrique doit désormais créer des mécanismes capables de connecter l’épargne africaine, les investisseurs institutionnels, les banques commerciales et les marchés financiers autour de projets structurants.
Les investisseurs japonais s’intéressent davantage à l’Afrique
Le forum a également mis en lumière l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le continent africain.
Tatsushi Amano a indiqué que les entreprises japonaises étaient de plus en plus attirées par le potentiel de croissance de l’Afrique.
Selon lui, les partenariats locaux restent toutefois indispensables pour favoriser l’implantation durable des investisseurs étrangers.
« Les entreprises japonaises cherchent des partenaires fiables, solides et engagés sur le long terme », a-t-il affirmé.
Les PME africaines toujours confrontées au défi du financement
Les discussions ont également porté sur les difficultés structurelles rencontrées par les petites et moyennes entreprises africaines.
En Afrique, le secteur privé représente plus de 80 % des recettes publiques et plus de 90 % des emplois dans les économies en développement. Les PME constituent environ 90 % des entreprises privées du continent.
Malgré ce poids économique, leur accès limité au financement continue de freiner leur croissance et leur transformation en grandes entreprises.
Pour Mariam Yago-Touré, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait contribuer à lever une partie de ces contraintes.
Elle estime notamment que l’intégration des économies africaines et le développement des systèmes de paiement intra-africains faciliteront les échanges commerciaux et les transactions régionales.
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L’industrialisation et la transformation locale mises en avant
Plusieurs intervenants ont également insisté sur la nécessité pour les économies africaines de dépasser le modèle basé sur l’exportation brute des matières premières.
Nancy Chenard a plaidé pour une industrialisation plus forte des économies africaines afin de favoriser la création de valeur locale.
« Il nous faut aller vers la transformation, la diversification, l’industrialisation et l’innovation », a-t-elle déclaré.
Même approche du côté de la Guinée, où Ismaël Nabé a défendu le développement de projets intégrés capables de mobiliser davantage le secteur privé.
Le ministre a notamment cité le projet minier Simandou 2040 en Guinée, évalué à 20 milliards de dollars, qui aurait déjà permis la création de plus de 60 000 emplois pour le secteur privé guinéen.
Selon lui, près de 40 % des financements nécessaires au développement du projet devraient provenir du secteur privé.
La BAD veut renforcer son soutien aux entreprises africaines
La rencontre s’est achevée par une présentation de la stratégie de développement du secteur privé du Groupe de la Banque africaine de développement.
Présentée par Mohamadou Hayaou, cette stratégie prévoit un soutien accru :
- à l’entrepreneuriat ;
- aux PME ;
- aux champions nationaux ;
- ainsi qu’aux multinationales africaines.
La Banque souhaite également renforcer son action dans l’amélioration du climat des affaires, le financement direct des entreprises et le développement des infrastructures socio-économiques.
Pour les participants au forum, la transformation structurelle de l’Afrique passera désormais par une implication beaucoup plus forte du secteur privé, une meilleure intégration régionale et le développement de chaînes de valeur africaines capables de soutenir une croissance durable et inclusive.







