Deux géants des paiements internationaux unissent leurs technologies pour rendre les envois d’argent plus rapides, moins chers et plus accessibles dans les marchés émergents.
Le problème des transferts d'argent traditionnels
Envoyer de l’argent depuis l’Europe ou les États-Unis vers un proche en Côte d’Ivoire, au Kenya ou aux Philippines reste une expérience souvent frustrante : délais de plusieurs jours, frais élevés et taux de change peu favorables. Ce phénomène s’explique largement par le recours aux banques correspondantes, c’est-à-dire les établissements financiers qui servent d’intermédiaires entre deux pays et qui allongent les délais tout en prélevant des commissions à chaque étape.
C’est précisément ce problème que cherchent à résoudre MoneyGram et NALA avec leur nouveau partenariat stratégique.
Qui sont MoneyGram et NALA ?
MoneyGram est l’un des leaders mondiaux des transferts d’argent, avec un réseau couvrant des centaines de pays. La société permet à des millions de personnes d’envoyer des fonds à travers le monde, en ciblant notamment les marchés en développement.
NALA, de son côté, est une entreprise spécialisée dans les paiements par stablecoins, des cryptomonnaies dont la valeur est stable car indexée sur le dollar américain. Son infrastructure technologique, baptisée Rafiki, connecte des institutions financières numériques aux banques locales et aux opérateurs de mobile money en Afrique et en Asie.
Comment fonctionne ce partenariat concrètement ?
Le principe repose sur une technologie simple à comprendre. Au lieu de passer par plusieurs banques intermédiaires, l’argent envoyé est d’abord converti en dollars numériques stables (stablecoins), puis transféré quasi instantanément via la blockchain, un registre numérique partagé et sécurisé, avant d’être reconverti en monnaie locale à destination.
MoneyGram utilise la plateforme Rafiki de NALA pour accéder directement aux banques et aux portefeuilles mobiles (comme M-Pesa en Afrique de l’Est) dans les pays ciblés. Résultat : les fonds arrivent en quasi temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans les interruptions habituelles des week-ends ou des jours fériés bancaires.
Quels avantages pour les utilisateurs en Afrique et en Asie ?
Pour les particuliers, le gain est immédiat. Les transferts, souvent appelés remittances (l’argent envoyé par les migrants à leurs proches au pays), arrivent plus rapidement et à moindre coût. Les deux entreprises mettent en avant une réduction des frais de change grâce à la liquidité locale, une disponibilité du service à toute heure et une fiabilité accrue par des connexions directes avec les banques et les opérateurs de mobile money.
En Afrique de l’Ouest par exemple, où les transferts de la diaspora représentent une part importante du revenu de nombreux ménages, ces améliorations pourraient avoir un impact significatif sur le pouvoir d’achat des familles bénéficiaires.
Au-delà des particuliers : des usages pour les entreprises aussi
Ce partenariat ne concerne pas uniquement les transferts familiaux. Il cible également les entreprises qui doivent payer des prestataires ou des freelances dans plusieurs pays, ainsi que les plateformes numériques mondiales souhaitant distribuer des revenus localement.
Sur le plan opérationnel, MoneyGram voit dans ce modèle un moyen d’améliorer sa trésorerie, c’est-à-dire la gestion de ses flux d’argent, tout en réduisant sa dépendance aux fonds pré-positionnés dans chaque pays, une pratique coûteuse qui immobilise des capitaux importants
Ce que disent les dirigeants
Anthony Soohoo, directeur général de MoneyGram, souligne que l’inclusion financière n’a de sens que si elle fonctionne réellement au quotidien. Il affirme que ce partenariat permet d’améliorer la vitesse des paiements, de réduire les coûts liés au change et d’élargir la couverture dans les marchés émergents.
Benjamin Fernandes, fondateur et directeur général de NALA, estime pour sa part que les stablecoins transforment les paiements mondiaux en offrant une couche de règlement plus rapide et plus efficace pour les transactions transfrontalières. Il voit dans ce partenariat une nouvelle génération de paiements combinant technologie et infrastructure locale réglementée.
Un signal fort pour l'avenir des paiements en Afrique
Ce type de partenariat illustre une tendance de fond : les stablecoins, longtemps perçus comme de simples outils spéculatifs, deviennent progressivement des infrastructures de paiement sérieuses, encadrées par des régulateurs et adoptées par de grandes institutions financières. Pour l’Afrique de l’Ouest, où les coûts de transfert restent parmi les plus élevés au monde, cette évolution représente une opportunité concrète d’améliorer les conditions d’envoi d’argent pour des millions de personnes.
À retenir
MoneyGram et NALA s’associent pour utiliser les stablecoins comme outil de transfert d’argent rapide vers l’Afrique et l’Asie.
La plateforme Rafiki de NALA connecte MoneyGram directement aux banques et aux opérateurs de mobile money locaux, sans banques intermédiaires.
Les utilisateurs bénéficient de transferts quasi instantanés, disponibles 24h/24, avec des frais de change réduits.
Le partenariat cible aussi bien les particuliers (remittances) que les entreprises souhaitant payer des prestataires à l’international.
Ce partenariat confirme que les stablecoins s’imposent peu à peu comme une infrastructure de paiement sérieuse et réglementée, notamment en Afrique.







