Un appui financier pour accélérer le réengagement du Zimbabwe
Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 13 mai 2026, un don de 4 millions de dollars destiné à soutenir les efforts du Zimbabwe dans l’apurement de ses arriérés de dette et son retour progressif auprès de la communauté financière internationale.
Cette décision marque une étape importante dans le processus de réengagement financier du pays, fortement pénalisé depuis plusieurs années par son lourd endettement extérieur.
Un projet dédié au dialogue sur l’apurement des arriérés
Le financement servira à la mise en œuvre du Projet de renforcement du dialogue sur l’apurement des arriérés du Zimbabwe (ZACDEP).
Ce programme vise à renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes et à soutenir les réformes nécessaires pour faire avancer le règlement de la dette du pays.
Le projet sera déployé sur une période de 36 mois, de juin 2026 à mai 2029, sous la conduite du gouvernement zimbabwéen.
Une dette publique estimée à 21,5 milliards USD
À fin 2025, la dette publique du Zimbabwe était estimée à environ 21,5 milliards de dollars, dont 11,7 milliards de dollars de dette extérieure.
Parmi cette dette externe, environ 7,7 milliards de dollars sont dus à des créanciers multilatéraux et bilatéraux.
Le poids des arriérés a considérablement limité l’accès du Zimbabwe aux financements extérieurs et freiné les investissements publics nécessaires à la relance économique.
Trois axes d’intervention prioritaires
Le projet ZACDEP s’articule autour de trois principales composantes :
Renforcement du dialogue structuré
Cette première composante vise à consolider la Plateforme de dialogue structuré et les groupes de travail sectoriels portant sur :
- la croissance économique et la stabilité macroéconomique ;
- la gouvernance ;
- les réformes foncières.
Elle inclut également des services de conseil, un accompagnement juridique ainsi que des actions de communication et de diplomatie.
Renforcement des capacités institutionnelles
Le projet prévoit aussi :
- la modernisation des systèmes de gestion de la dette ;
- le renforcement du contrôle parlementaire ;
- la consolidation des mécanismes de lutte contre la corruption.
Gestion et suivi du projet
Enfin, une troisième composante couvrira la coordination opérationnelle, les marchés publics, la gestion financière ainsi que le suivi-évaluation.
Une approche inclusive et sensible au genre
Le programme adopte également une approche intégrant les enjeux de genre, en reconnaissant que le surendettement prolongé a affecté de manière disproportionnée les femmes et les jeunes.
Une étape clé vers un règlement plus global
Cette approbation intervient après la validation, en avril 2026, d’un Programme de suivi par les services du FMI, considéré comme une étape déterminante vers un règlement plus large de la dette zimbabwéenne.
Selon Eyerusalem Fasika, cheffe du bureau pays de la BAD au Zimbabwe :
« Cette approbation réaffirme l’engagement ferme de la Banque africaine de développement à soutenir la résilience économique du Zimbabwe. L’apurement des arriérés est la clé pour débloquer les financements de développement dont le pays a un besoin urgent. »
La BAD confirme son rôle de partenaire clé
La Banque africaine de développement demeure le principal partenaire du Zimbabwe dans son processus d’apurement des arriérés.
À travers ce nouveau financement, l’institution panafricaine confirme son rôle catalyseur dans le retour progressif du Zimbabwe sur les marchés financiers internationaux et dans la relance de son développement économique.







