La BAD et le Royaume-Uni renforcent leur coopération pour mobiliser davantage de capitaux vers l’Afrique
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a accueilli, le 29 avril 2026, une délégation de haut niveau du Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) du Royaume-Uni pour deux jours d’échanges stratégiques consacrés à la réforme du financement du développement en Afrique et à l’augmentation des flux de capitaux vers le continent.
Cette rencontre illustre la volonté commune des deux institutions de renforcer la mobilisation des investissements privés en faveur des projets africains.
Focus sur la réforme du G20 pour les banques multilatérales
La première journée de discussions a porté sur les avancées du Groupe de la BAD dans la mise en œuvre du programme de réforme du G20 dédié aux banques multilatérales de développement.
Les échanges ont particulièrement mis l’accent sur :
• l’attraction de capitaux privés supplémentaires ;
• l’amélioration de l’efficacité des banques de développement ;
• le financement de projets structurants en Afrique.
Parmi les représentants de la BAD figuraient notamment :
• Solomon Quaynor, vice-président chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation ;
• Hassatou N’Sele, vice-présidente chargée des Finances et Chief Financial Officer ;
• Aida Ngom, directrice du Département du développement du secteur privé.
La NAFAD au cœur des discussions
Un moment clé de la rencontre a été consacré à la présentation de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Cette initiative portée par le président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, vise à :
• renforcer la coordination entre institutions financières africaines ;
• rapprocher régulateurs, investisseurs et décideurs publics ;
• mobiliser davantage l’épargne intérieure africaine.
Cette dynamique a récemment débouché sur la signature du Consensus d’Abidjan, un accord engageant les participants à :
• mobiliser l’épargne domestique africaine ;
• mettre en place un système continental de garanties et de partage des risques ;
• approfondir les marchés de capitaux locaux.
Lire aussi : Nouvelle architecture financière africaine : le Consensus d’Abidjan adopté
Des progrès sur les recommandations du G20
La BAD a présenté son état d’avancement sur les 13 recommandations du G20.
Sur les 44 actions identifiées :
• 6 sont achevées ou très avancées ;
• 29 sont en cours d’exécution.
Concernant la mobilisation des capitaux privés, plusieurs actions progressent, notamment :
• la fixation d’objectifs quantifiés ;
• l’harmonisation des méthodes de mesure avec d’autres institutions ;
• l’appui aux pays africains pour accroître leurs recettes internes.
Record des prêts non souverains en 2025
Les discussions ont également mis en lumière la stratégie de collaboration avec le secteur privé.
La BAD s’appuie sur plusieurs atouts :
• relations solides avec les gouvernements africains ;
• capacité de coordination multi-acteurs ;
• forte présence opérationnelle sur le terrain.
En 2025, les prêts non souverains de la Banque ont atteint un niveau record, enregistrant leur plus important volume historique depuis le début de leur suivi statistique.
Mission 300, exemple phare de coopération
Parmi les projets emblématiques évoqués figure Mission 300, initiative conjointe entre la BAD et le Groupe de la Banque mondiale.
Ce programme vise à connecter 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici 2030.
Lire aussi : Gabon : cap sur l’accès universel à l’énergie avec la BAD
Mission 300 est présentée comme une illustration concrète de ce que peuvent accomplir les banques de développement lorsqu’elles mutualisent leurs efforts.
Prochaines discussions : capitaux nationaux et garanties
La délégation britannique a salué la clarté stratégique de la BAD et identifié plusieurs axes de travail pour la seconde journée :
• mobilisation des capitaux nationaux pays par pays ;
• création éventuelle de groupes de travail d’investisseurs nationaux ;
• approfondissement des méthodes de mesure des capitaux privés ;
• collaboration potentielle avec UK Export Finance ;
• poursuite des travaux sur la NAFAD.
D’autres thématiques prioritaires seront également approfondies :
• constitution de pipelines de projets ;
• mécanismes de garanties ;
• corridors régionaux ;
• agriculture ;
• énergie.
À travers ce partenariat renforcé, la BAD et le Royaume-Uni cherchent à accélérer la transformation du financement du développement en Afrique et à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs privés.







