Côte d’Ivoire : le FMI valide un accord ouvrant la voie à 843,9 millions de dollars de décaissements
Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités ivoiriennes sont parvenus à un accord au niveau des services sur la sixième et dernière revue des programmes soutenus par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la cinquième et dernière revue de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cet accord pourrait permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier de 843,9 millions de dollars de nouveaux décaissements, sous réserve de validation par le Conseil d’administration du FMI.
Plus de 843 millions de dollars attendus
Selon le FMI, les décaissements prévus se répartissent comme suit :
- 509,5 millions de dollars au titre des accords MEDC/FEC ;
- 334,4 millions de dollars au titre de la FRD.
La mission du FMI, conduite par Geneviève Verdier, s’est déroulée à Abidjan du 22 au 30 avril 2026 afin d’évaluer la mise en œuvre des programmes économiques ivoiriens.
Une performance saluée par le FMI
Le FMI juge les performances de la Côte d’Ivoire « remarquables » dans le cadre des différents programmes.
Le pays a notamment atteint plusieurs objectifs majeurs :
- réduction des déséquilibres macroéconomiques ;
- contribution à la reconstitution des réserves régionales ;
- poursuite de la transformation économique ;
- avancées dans les réformes climatiques.
Déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB
L’une des principales réussites saluées concerne la consolidation budgétaire.
Grâce à :
- une meilleure mobilisation des recettes fiscales ;
- une maîtrise des dépenses publiques,
le déficit budgétaire ivoirien a été ramené à 3 % du PIB en 2025, conformément au critère de convergence de l’UEMOA.
Cette performance constitue un signal positif pour les partenaires financiers internationaux.
Des réformes structurelles et de gouvernance renforcées
Le FMI souligne également des progrès dans plusieurs réformes structurelles, notamment :
- la consolidation du Compte unique du Trésor ;
- l’amélioration de la gestion de trésorerie publique ;
- le renforcement de la gouvernance des entités publiques.
Ces mesures visent aussi à réduire les risques liés :
- au blanchiment de capitaux ;
- au financement du terrorisme.
Des réformes climatiques au cœur du programme FRD
Dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, plusieurs réformes prioritaires ont été engagées :
- mise en place d’un système d’assurance climatique pour la filière coton ;
- réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
- élaboration d’une stratégie de taxation carbone.
Ces mesures visent à renforcer la résilience climatique de l’économie ivoirienne.
Une économie résiliente malgré les tensions mondiales
Malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la guerre au Moyen-Orient, l’économie ivoirienne conserve une trajectoire robuste.
Le FMI prévoit :
- une croissance de 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025 ;
- une inflation de 3,3 % en 2026, après seulement 0,1 % en 2025.
Cette hausse des prix s’explique notamment par :
- la flambée des cours du pétrole ;
- la hausse des prix des engrais ;
- les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dégradation attendue du compte courant
Le déficit du compte courant devrait toutefois se creuser à 2,2 % du PIB en 2026, contre 0,7 % en 2025.
Cette évolution est liée :
- à la guerre au Moyen-Orient ;
- à la détérioration des termes de l’échange.
Malgré cela, les exportations de :
- pétrole brut ;
- or,
ainsi que l’accès élargi aux marchés financiers internationaux ont permis de renforcer les réserves régionales.
Les réserves officielles régionales atteignaient environ 8 mois d’importations à fin mars 2026.
Poursuite des réformes fiscales jusqu’en 2028
Face aux risques extérieurs, les autorités ivoiriennes se disent prêtes à maintenir la discipline budgétaire.
Le gouvernement ambitionne de porter les recettes fiscales de 14,9 % du PIB en 2025 à 18 % du PIB à moyen terme.
Cette stratégie repose sur :
- l’élargissement de l’assiette fiscale ;
- le renforcement du civisme fiscal.
Les ressources supplémentaires devront financer :
- les infrastructures ;
- les secteurs sociaux prioritaires ;
- le Programme national de développement (PND) 2026-2030.
Des perspectives globalement favorables
À moyen terme, le FMI reste optimiste.
Les projections indiquent :
- une croissance moyenne de 6,7 % ;
- une inflation inférieure à la cible régionale de 3 %.
Le FMI estime également que le risque de surendettement de la Côte d’Ivoire demeure modéré.
Toutefois, l’institution appelle à la vigilance face à plusieurs risques :
- tensions géopolitiques mondiales ;
- insécurité régionale ;
- vulnérabilité aux chocs climatiques.
Avec cet accord, la Côte d’Ivoire consolide sa crédibilité macroéconomique et renforce son accès aux financements internationaux dans un contexte mondial particulièrement incertain.







