Afrique : les acteurs misent sur les ressources domestiques pour financer le développement durable
Face à la montée des déficits de financement et à une dépendance persistante vis-à-vis des partenaires extérieurs, les acteurs du développement en Afrique appellent à une mobilisation accrue des ressources domestiques pour soutenir durablement la transformation économique du continent.
Réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, les coordonnateurs résidents des Nations Unies en Afrique ont engagé une réflexion stratégique sur les mécanismes permettant de renforcer l’autonomie financière des pays africains et de réduire leur vulnérabilité face à l’endettement.
Une rencontre stratégique avant le Forum africain sur le développement durable
Cette réunion a été organisée conjointement par :
- la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ;
- le Bureau de coordination du développement des Nations Unies ;
- la Commission de l’Union africaine (CUA).
Elle s’est tenue en prélude au Forum régional africain sur le développement durable et a mis l’accent sur la stratégie africaine de mobilisation des ressources internes.
L’objectif est clair : permettre aux pays africains de financer davantage leurs priorités de développement sans dépendre excessivement de financements extérieurs.
Financer l’Agenda 2063 et les Objectifs de développement durable
La mobilisation des ressources domestiques est désormais perçue comme un levier central pour financer :
- le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ;
- l’Agenda 2030 des Nations Unies et les Objectifs de développement durable (ODD).
Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires accrues, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la capacité des États africains à générer leurs propres recettes.
Fiscalité, lutte contre les flux illicites et finances publiques au cœur des priorités
Les échanges ont porté sur plusieurs axes stratégiques pour améliorer la mobilisation des ressources nationales :
- modernisation des politiques fiscales ;
- amélioration de l’administration des impôts ;
- lutte contre les flux financiers illicites ;
- renforcement de la gestion des finances publiques.
Ces réformes sont jugées indispensables pour accroître les recettes publiques, améliorer l’efficacité budgétaire et soutenir les investissements structurants.
Six priorités pour renforcer la souveraineté financière africaine
Les participants ont identifié plusieurs obstacles majeurs à une mobilisation efficace des ressources internes :
- facteurs structurels ;
- contraintes d’économie politique ;
- fragmentation des réseaux de développement ;
- faiblesses institutionnelles.
Pour y répondre, six priorités stratégiques ont été proposées :
- repenser les politiques de développement sous l’angle de l’économie politique ;
- renforcer la souveraineté financière des États africains ;
- accélérer l’intégration régionale ;
- réorienter les ressources vers des projets structurants ;
- améliorer les systèmes fiscaux et la qualité des services publics ;
- renforcer la coordination institutionnelle.
Mieux exploiter les banques de développement africaines
Les discussions ont également mis en avant le rôle stratégique des banques de développement et des institutions financières nationales.
Les participants estiment que ces structures doivent être davantage mobilisées pour canaliser efficacement l’épargne intérieure vers les secteurs productifs et les projets de développement.
Une volonté d’autonomie économique renforcée
Prenant la parole, Said Adejumobi, représentant du secrétaire exécutif de la CEA, a rappelé que le précédent plan décennal africain avait souffert d’un déficit de financement important.
De son côté, Botho Kebabonye Bayendi a souligné que l’Union africaine et les Nations Unies partagent désormais un cadre commun de financement intégré centré sur les ressources internes.
Elle a plaidé pour une meilleure coordination entre institutions et gouvernements afin de transformer les engagements en résultats concrets.
À travers cette dynamique, l’Afrique affiche une ambition claire : reprendre davantage le contrôle de son développement économique en s’appuyant sur ses propres capacités financières, institutionnelles et régionales.







