UEMOA : une dette publique en forte hausse
Dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la dynamique de la dette publique suscite de vives préoccupations.
Réunies en atelier régional à Abidjan, les Cours des comptes des huit États membres ont alerté sur une évolution marquée : le ratio d’endettement est passé de 32 % du PIB en 2015 à 62,5 % en 2025.
Un atelier pour renforcer le contrôle de la dette
Organisé du 20 au 25 avril 2026, cet atelier porte sur l’évaluation des stratégies d’endettement et l’audit de la gestion de la dette publique.
Il réunit magistrats et auditeurs des juridictions financières autour de thématiques clés :
- méthodes d’audit ;
- indicateurs de soutenabilité ;
- bonnes pratiques internationales, notamment celles de l’INTOSAI.
L’objectif est clair : renforcer les capacités de contrôle face à une dette en forte progression.
Une hausse rapide qui interpelle
Le président de la Cour des comptes de Côte d’Ivoire, Kanvaly Diomandé, a dressé un constat préoccupant.
Si le niveau actuel reste en dessous du seuil communautaire de 70 %, le rythme d’augmentation – plus de 30 points en une décennie – appelle à une vigilance accrue.
Après les allègements obtenus dans le cadre de l’initiative PPTE, les États font désormais face à une nouvelle phase marquée par un recours intensif à l’endettement.
Des chocs récents à l’origine des tensions
La hausse de la dette s’explique en grande partie par les crises récentes :
- la pandémie de COVID-19 ;
- les impacts économiques de la guerre russo-ukrainienne.
Ces chocs ont contraint les États à mobiliser massivement des ressources pour soutenir leurs économies.
Vers une gestion plus rigoureuse de la dette
Face à ces enjeux, les juridictions financières sont appelées à jouer un rôle central.
Selon Kanvaly Diomandé, leur mission s’articule autour de trois axes :
- évaluer la viabilité de la dette ;
- contrôler l’efficacité de sa gestion ;
- garantir le respect des normes.
Le président de la Cour des comptes de l’UEMOA, Segnon Yves-Marie Adissin, a insisté sur la nécessité de promouvoir un endettement « efficace », capable de soutenir durablement les économies.
Une exigence de transparence pour l’avenir
Représentant le gouvernement ivoirien, Vassogbo Bamaba a rappelé que le recours à l’endettement doit rester maîtrisé, dans l’intérêt des générations futures.
De son côté, Gustave Djasso, représentant de la Commission de l’UEMOA, a souligné l’importance d’une surveillance rigoureuse face aux risques de surendettement.
Un enjeu majeur pour la stabilité régionale
Dans un contexte international incertain et marqué par la contraction de l’aide extérieure, la maîtrise de la dette publique devient un enjeu stratégique pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
Cet atelier, soutenu par AFRITAC Ouest, vise ainsi à renforcer les outils de contrôle et à instaurer une culture commune de bonne gouvernance financière au sein de la région.







