Le professeur Benedict Oramah, président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), a marqué les esprits lors de l’AAM2025 à Abuja en tirant sa révérence après dix ans de leadership, salués comme transformatifs. Nommé en 2015 à Lusaka, il a tenu sa promesse de bâtir une institution solide, laissant une empreinte durable sur le commerce et le développement africain.
Sous sa direction, les actifs d’Afreximbank ont bondi de plus de huit fois, passant de 6 milliards de dollars en 2015 à 43,5 milliards en avril 2025. Les revenus ont grimpé de 408 millions à 3,24 milliards de dollars, tandis que le bénéfice net a atteint 1 milliard de dollars en 2024, soit une hausse de 700 % depuis 2015. Les fonds propres sont passés de 1 milliard à 7,5 milliards de dollars, avec un capital exigible multiplié par dix (4,5 milliards), grâce à une diversification des financements africains, de 11,7 % en 2015 à 36,6 % en mai 2025.
Oramah a mis l’accent sur le financement des exportations à haute valeur ajoutée pour stabiliser les économies africaines et créer des emplois. Son mandat a vu naître des initiatives comme le PAPSS, adopté par l’Union africaine, renforçant le commerce intra-africain. Il a aussi piloté le soutien à des projets clés, notamment dans le pétrole nigérian et la production d’engrais.
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a salué cette contribution lors de l’ouverture de l’AAM2025, soulignant l’impact d’Afreximbank sur le Nigeria (52 milliards de dollars investis) et l’Afrique. En reconnaissance de son travail, Tinubu lui a décerné le Grand Commandeur de l’Ordre du Niger (GCON), l’une des plus hautes distinctions nigérianes, le 28 juin 2025.
Si les chiffres impressionnent, certains doutent de la durabilité de cette croissance face aux chocs économiques mondiaux et à la dépendance persistante aux financements extérieurs. Les discussions en ligne soulignent aussi des retards dans certains projets, malgré les avancées, posant question sur la gestion future sous son successeur, George Elombi, nommé le 28 juin 2025.
La legacy d’Oramah, marquée par une résilience face aux crises comme la COVID-19, laisse une Afreximbank plus forte, avec un objectif de 250 milliards de dollars d’actifs d’ici 2035. Son départ ouvre un chapitre incertain mais prometteur pour le développement africain.







