La Banque africaine de développement (BAD) intensifie son engagement en faveur du Cameroun, en concrétisant sa volonté affichée de renforcer leur partenariat stratégique. Cette coopération prend forme à travers des projets d’envergure dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la gouvernance et surtout l’insertion professionnelle des jeunes.
L’un des projets phares est l’accord de prêt de 330,48 millions d’euros pour la réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua (246 kilomètres), située sur le corridor économique Douala-Ndjamena. Ce corridor, stratégique pour la sous-région, relie le nord du Cameroun aux autres régions et facilite l’accès du Tchad aux ports de Douala et Kribi. Pour Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, ce projet renforce l’intégration nationale et régionale.
Le Cameroun s’est également engagé dans l’initiative « Mission 300 » de la BAD et de la Banque mondiale, visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. L’ambition camerounaise est d’y connecter 6,5 millions de personnes supplémentaires, faisant passer le taux d’accès à l’électricité de 3 % en 2023 à 80–85 % à l’horizon 2030. Ce progrès est soutenu par des infrastructures majeures, notamment le barrage hydroélectrique de Nachtigal d’une capacité de 420 mégawatts, récemment achevé.
Dans le domaine agricole, le Projet de développement des chaînes de valeur agricoles a déjà permis d’incuber 1 770 jeunes, dépassant les objectifs initiaux. Ce programme prévoit l’aménagement de 1 000 km de pistes rurales, la construction de trente marchés, l’installation de 30 km de réseaux solaires et de trente forages, ainsi que la mise en place d’un laboratoire de contrôle de qualité des produits agricoles.
La BAD soutient également la mise en place d’un fonds de développement des filières agricoles, le renforcement des organisations de producteurs, et l’amélioration des échanges avec les prestataires de services agricoles.
Côté emploi, le Programme des stages professionnels financé par la BAD a formé 70 jeunes diplômés au sein des unités d’exécution des projets. Depuis sa création en 2018, ce dispositif permet aux jeunes d’acquérir des compétences concrètes dans des domaines stratégiques : infrastructures, agriculture, environnement, gestion de projets ou encore communication. Il favorise aussi l’acquisition de compétences transversales : suivi-évaluation, approche genre, développement durable, relations professionnelles.
Une plateforme digitale vient d’être finalisée pour suivre et accompagner les parcours des jeunes diplômés, un outil de plus pour faciliter leur insertion professionnelle et encourager leur contribution au développement national.
Pour Paul Tasong, ministre délégué à l’Économie, « cette plateforme traduit notre engagement à transformer chaque stage en une opportunité durable au service du développement ». Solomane Koné, directeur général par intérim de la BAD pour l’Afrique centrale, résume cette vision : « Une jeunesse bien formée et intégrée est un levier puissant pour transformer le continent ».







