Le Nigeria, l’Algérie et le Niger ont signé un accord stratégique pour relancer le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), une infrastructure clé visant à exporter du gaz naturel vers l’Europe. Cette signature a eu lieu le 11 février 2025 à Alger, en présence des représentants des sociétés énergétiques des trois pays.
Selon Dada Olusegun, assistant spécial du président Bola Tinubu, cet accord inclut la mise à jour de l’étude de faisabilité, un accord de compensation et un accord de non-divulgation (NDA) entre les entreprises concernées.
Le TSGP est un gazoduc de 4 130 kilomètres reliant les réserves gazières du Nigeria au hub algérien de Hassi R’Mel, sur la côte méditerranéenne. Il devrait transporter jusqu’à 1 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel par an.
La portion algérienne, longue de 2 320 kilomètres, constitue plus de 50 % du tracé total. Le projet, estimé à 13 milliards de dollars, comprend 10 milliards pour la construction du gazoduc et 3 milliards pour les infrastructures de collecte.
Bien que proposé dès les années 1970, le projet a connu des avancées en 2002, 2005, 2006 et 2009, avant de stagner. En 2022, les ministres de l’énergie des trois pays ont décidé de le relancer, face aux tensions géopolitiques et à la forte demande de gaz en Europe.
Le Nigeria possède les plus grandes réserves de gaz d’Afrique, mais une grande partie reste inexploité en raison du manque d’infrastructures et d’investissements.
La crise énergétique européenne, amplifiée par les tensions avec la Russie, a fait émerger une forte demande en gaz naturel liquéfié (GNL). Malgré son potentiel, le Nigeria n’a pas encore su capter une part significative de ce marché.
Le président Bola Tinubu, en décembre 2023, a exprimé sa volonté de faire du Nigeria un concurrent sérieux de la Russie sur le marché européen de l’énergie. Ce gazoduc transsaharien pourrait ainsi repositionner le Nigeria comme un acteur incontournable de l’approvisionnement énergétique mondial.
Le TSGP pourrait transformer l’Afrique de l’Ouest en un hub énergétique stratégique, tout en diversifiant les exportations de gaz nigérian. Toutefois, la réalisation de cette infrastructure devra surmonter des défis majeurs, notamment les risques sécuritaires et la nécessité d’attirer des investissements internationaux.
Si le projet aboutit, il pourrait renforcer la coopération énergétique régionale, garantir une source de revenus stable aux trois pays et contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe.







