Après les incertitudes liées au remboursement de son eurobond de 605 millions de dollars, le Gabon a réussi à refinancer près de la moitié de cette dette sept mois avant son échéance. Le 14 novembre 2024, Libreville a finalisé une offre de rachat pour 290 millions de dollars, convertissant une partie de cette dette extérieure en dette intérieure grâce à l’émission de titres du Trésor en Franc CFA sur le marché régional.
Impact limité sur la dette publique
Dans une note publiée le 18 novembre, l’agence de notation Moody’s souligne que cette opération aura un effet marginal sur le service de la dette en 2025. Seuls 315 millions de dollars (environ 1,4 % du PIB) de l’euro-obligation restent en circulation. Cependant, les besoins financiers du pays resteront élevés, atteignant 15 % du PIB en raison d’un creusement du déficit budgétaire, qui passera de 3,6 % en 2023 à 5,1 % en 2025.
Contexte budgétaire et priorités de la transition
Le déficit budgétaire est alimenté par plusieurs facteurs :
- Nouvelles mesures sociales
- Augmentation de la masse salariale du secteur public
- Investissements publics accrus
Cependant, ces efforts risquent d’être entravés par des contraintes de capacité et de financement, souligne Moody’s.
Défis du financement intérieur
Le Gabon devra principalement se tourner vers le marché financier régional, en l’absence :
- D’un programme avec le Fonds Monétaire International (FMI)
- D’un soutien financier conséquent de la communauté internationale
Cependant, l’accès au financement local est compliqué par une pondération de 100 % imposée sur les titres publics gabonais. Cette mesure dissuade les banques de participer aux émissions obligataires du Trésor public.
Dans une lettre adressée le 13 novembre au secrétaire général de la COBAC, le ministère gabonais de l’Économie a demandé une exemption temporaire de cette pondération pour la période de novembre 2024 à décembre 2025. Sans cette dérogation, la participation bancaire restera limitée, compromettant l’exécution des budgets 2024 et 2025.
Bien que le rachat partiel de l’eurobond reflète une gestion proactive de la dette extérieure, le Gabon devra surmonter des obstacles financiers importants pour stabiliser ses finances publiques. Une solution rapide pour mobiliser des ressources locales est essentielle pour répondre aux besoins budgétaires croissants et maintenir la confiance des investisseurs.







