Sommet de l’Union africaine : Ndayishimiye prend les rênes et dévoile ses priorités
Réunis à Addis-Abeba, les chefs d’État et de gouvernement ont porté le président burundais Évariste Ndayishimiye à la tête de l’Union africaine (UA) pour un mandat d’un an. Cette désignation est intervenue lors de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.
Le chef de l’État burundais succède à son homologue angolais João Lourenço, saluant les avancées enregistrées sous son leadership, notamment en matière de rationalisation des réunions et d’amélioration des processus décisionnels.
Une présidence placée sous le signe de l’Agenda 2063
Dans son discours, le nouveau président en exercice de l’UA a affirmé que la mise en œuvre de l’Agenda 2063 constituera la priorité majeure de son mandat en 2026. Il a qualifié cet agenda de « contrat moral » engageant les générations africaines vers une Afrique intégrée, prospère et pacifique.
L’année 2026 sera ainsi consacrée au thème : assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063.
Selon lui, plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une source d’eau potable sûre, tandis que près de 700 millions restent privés de services d’assainissement adéquats. Une situation qui affecte particulièrement les femmes, les enfants et les populations rurales.
Faire taire les armes et renforcer la paix
Le deuxième pilier de sa présidence sera consacré à la paix et à la sécurité. Le président Ndayishimiye a réaffirmé son engagement en faveur de l’initiative « Faire taire les armes », soulignant que la stabilité demeure le socle indispensable du développement durable.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la complémentarité entre l’architecture africaine de paix et de sécurité et les mécanismes de gouvernance, en coordination étroite avec les communautés économiques régionales.
Les crises persistantes à l’est de la RDC, dans le Sahel, en Somalie, au Soudan et en République centrafricaine ont été citées comme des rappels urgents de l’ampleur des défis sécuritaires du continent.
Renaissance africaine et dividende démographique
Le troisième pilier annoncé s’inscrit dans la vision d’une Renaissance africaine fondée sur l’innovation, la science et l’autonomisation des jeunes et des femmes, à travers l’initiative A-RISE.
Avec une population qui pourrait dépasser 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, majoritairement jeune, l’Afrique fait face à un tournant stratégique. Pour le président burundais, transformer ce dividende démographique en moteur de croissance dépendra des choix opérés en matière d’éducation, de formation, de recherche scientifique et d’accès à l’emploi.
Une Afrique plus influente sur la scène mondiale
Évoquant l’entrée de l’Union africaine au G20, le nouveau président a souligné qu’il s’agit d’une reconnaissance majeure du rôle stratégique du continent dans la gouvernance mondiale. Il a appelé à renforcer la voix de l’Afrique dans un contexte international marqué par des mutations géopolitiques profondes et une remise en question croissante du multilatéralisme.
Pour Ndayishimiye, les défis actuels exigent des réponses collectives fondées sur le dialogue, la solidarité et le respect du droit international.
Avec cette nouvelle présidence, l’Union africaine ouvre une étape stratégique, placée sous le signe de l’eau, de la paix et de la renaissance continentale.







