La rémunération des travailleurs du secteur moderne a poursuivi sa progression au troisième trimestre 2025, selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH).
Une masse salariale en hausse de 2,1 % sur un an
Au troisième trimestre 2025, la masse salariale du secteur moderne s’est établie à 385,9 milliards de FCFA, contre 377,9 milliards de FCFA à la même période en 2024, soit une hausse annuelle de 2,1 %.
Cette progression est principalement tirée par la bonne tenue du secteur industriel, dont la masse salariale a augmenté de 10,6 % sur la période.
L’industrie, principal moteur de la hausse
Selon l’ANSD, l’augmentation observée dans l’industrie repose sur la dynamique positive de plusieurs sous-secteurs clés, notamment :
- les activités de fabrication, en hausse de 12,6 % ;
- la production et la distribution d’électricité et de gaz, avec une progression de 8,3 % ;
- les industries extractives, dont les rémunérations ont augmenté de 6,0 %.
Ces performances confirment le rôle central de l’industrie dans la création de revenus salariaux au sein du secteur moderne.
Recul des rémunérations dans plusieurs branches
À l’inverse, l’ANSD souligne une baisse des rémunérations dans plusieurs secteurs d’activité. La masse salariale a reculé de :
- 3,6 % dans la construction ;
- 3,4 % dans le commerce ;
- 1,2 % dans les services.
Dans le secteur des services, ce repli est principalement imputable à la contraction des rémunérations dans les sous-secteurs des activités artistiques, sportives et récréatives (-9,7 %), du transport et de l’entreposage (-7,4 %), ainsi que des activités financières et d’assurance (-1,8 %).
Une masse salariale largement concentrée sur les permanents
L’enquête révèle également que 92,1 % des salaires versés au troisième trimestre 2025 dans le secteur moderne ont bénéficié aux travailleurs permanents, confirmant la prédominance de l’emploi stable dans la distribution des rémunérations.
Cette structure est globalement observée dans l’ensemble des branches de l’industrie, du commerce et des services.
Une part importante pour les saisonniers dans certains secteurs
Toutefois, l’ANSD note que certaines branches se distinguent par une part significative de rémunérations versées au personnel saisonnier. C’est notamment le cas de :
- l’enseignement, où les saisonniers perçoivent 32,2 % de la masse salariale ;
- la construction (29,2 %) ;
- les activités de soutien et de bureau (25,6 %).
Ces chiffres traduisent la forte dépendance de ces secteurs à une main-d’œuvre temporaire, souvent liée à la saisonnalité ou à la nature des activités.







