Après le Burkina Faso, c’est au tour du Mali et du Niger de prendre leurs distances avec la CEDEAO, marquant une rupture symbolique et concrète avec l’organisation régionale. Les deux États sahéliens ont récemment annoncé leur décision de retirer le sceau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest de leurs passeports, optant pour l’introduction d’un passeport biométrique sous l’égide de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Rupture définitive avec la CEDEAO
Le 28 janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger avaient déjà annoncé leur retrait officiel de la CEDEAO. Cette décision semblait déjà sceller leur sortie de l’organisation, mais l’introduction de nouveaux passeports biométriques vient concrétiser ce détachement. Le Mali, sous la direction d’Assimi Goïta, et le Niger emboîtent ainsi le pas au Burkina Faso, qui avait dévoilé son passeport biométrique sans le logo de la CEDEAO dès le 3 septembre dernier.
Lancement des nouveaux passeports biométriques
Le dimanche 15 septembre 2024, à l’occasion du premier anniversaire de la création de l’AES, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, a annoncé que dans les prochains jours, un passeport biométrique AES sera officiellement mis en circulation. Ce document, conçu pour harmoniser les formalités de voyage au sein de l’Alliance des États du Sahel, vise à faciliter la mobilité des citoyens de cette région à travers le monde.
Implications économiques et politiques
Cette démarche risque de remettre en cause les conventions de libre circulation des biens et des personnes établies dans le cadre de la CEDEAO. Cependant, bien que les trois pays se soient retirés de l’organisation ouest-africaine, ils continuent de bénéficier des accords signés avec l’UEMOA, ce qui leur permet de maintenir leurs échanges commerciaux avec leurs principaux partenaires économiques.
La rupture avec la CEDEAO devrait être officialisée au début de l’année prochaine, à la suite des notifications formelles déjà envoyées par les trois États concernés. Cette évolution marque un tournant majeur pour ces pays qui cherchent à renforcer leur coopération au sein de l’AES et à s’émanciper des institutions ouest-africaines traditionnelles.







