Le Nigéria connaît une deuxième hausse des prix de l’essence en un mois, faisant grimper le litre à 998 nairas (environ 11 rands), contre 855 nairas précédemment. Cette nouvelle augmentation de 16 %, après un bond de 45 % en septembre, met à rude épreuve une population déjà affectée par une crise économique. Le Congrès du Travail du Nigeria (NLC), l’un des principaux syndicats du pays, a vivement critiqué ces hausses, qualifiant la situation d’« inacceptable » et appelant à une annulation immédiate des nouvelles tarifications.
Ces hausses successives sont directement liées à la suppression des subventions sur le carburant par le président Bola Ahmed Tinubu, une réforme controversée mise en place peu après son arrivée au pouvoir. Pendant près de 30 ans, les subventions ont permis de maintenir des prix bas pour les consommateurs, offrant une certaine stabilité économique à court terme. Cependant, la suppression de ces aides, destinée à aligner les prix sur le marché international et à libérer des ressources pour d’autres investissements, a engendré un choc brutal.
Voir aussi : Nigeria : Le prix de l’essence grimpe de 16 % en octobre 2024
Depuis la mise en place de cette réforme, le prix de l’essence a triplé, entraînant une inflation galopante qui dépasse désormais les 30 %. Cette situation, combinée à la dévaluation de la monnaie nigériane, plonge le pays dans une récession inquiétante.
Les réformes économiques de Tinubu, initialement perçues comme des mesures nécessaires pour assainir les finances publiques et attirer des investissements à long terme, ont, pour l’instant, surtout accru les difficultés des Nigérians. La hausse des prix de l’énergie a un effet domino sur d’autres secteurs clés de l’économie, aggravant la situation des ménages et des entreprises.
Le Congrès du Travail a averti que si le gouvernement ne revenait pas sur ces décisions, des grèves et des manifestations pourraient être organisées pour protester contre ce qu’il considère comme une politique « antisociale ».







