Une crise de liquidités qui perturbe le quotidien
À Conakry comme à l’intérieur du pays, la pénurie de liquidités continue de compliquer les transactions. Retraits limités, files d’attente prolongées, distributeurs à court de fonds : la crise du cash en Guinée impacte fortement les citoyens, en particulier ceux qui utilisent la monnaie électronique pour leurs opérations courantes.
Face à cette situation, une réunion s’est tenue le 19 février entre l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, le Syndicat des acteurs de la monnaie électronique (SAMEL) et la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG).
30 milliards GNF injectés : des annonces rassurantes
À l’issue des discussions, la Banque centrale a annoncé l’injection de plus de 30 milliards de francs guinéens dans les banques primaires.
Objectif : permettre aux distributeurs de services comme Orange Money ou Mobile Money d’accéder à leurs liquidités et d’alimenter leurs points de vente.
Selon l’Union des consommateurs, plusieurs garanties auraient été obtenues :
- Levée des restrictions sur les comptes des distributeurs
- Création d’un fonds spécial en cas de pénurie
- Possibilité de signaler immédiatement tout refus des banques à la BCRG
L’ambition affichée est claire : éviter que les consommateurs soient pénalisés, y compris pour de petits montants compris entre 20 000 et 100 000 GNF.
Sur le terrain, peu d’améliorations visibles
Malgré ces engagements, les acteurs de la monnaie électronique affirment que la situation reste critique.
D’après le secrétaire général du SAMEL, les difficultés persistent notamment à Dabola, Labé et Forécariah. Des distributeurs rapportent ne pas pouvoir retirer les sommes demandées.
Pour une requête de 200 millions GNF, certaines banques ne proposeraient que 10 à 15 millions GNF. Même des retraits de 200 000 GNF demeurent compliqués, obligeant parfois les clients à parcourir plusieurs kilomètres pour trouver un point approvisionné.
Un document aurait d’ailleurs été transmis à la Banque centrale pour signaler que les mesures annoncées n’ont pas encore produit d’effets tangibles.
Lire aussi : Guinée : 94 % des billets de banque échappent encore au système bancaire
Un risque de tensions sociales
Cette crise intervient dans un contexte sensible, à l’approche des périodes festives. Or, une large frange de la population utilise exclusivement les services de paiement mobile pour ses dépenses quotidiennes.
L’impossibilité d’accéder à son propre argent alimente frustration et incompréhension. Les professionnels du secteur alertent sur le risque de tensions sociales si la situation perdure.
Une question de confiance
Au-delà de la pénurie de liquidités, c’est la confiance dans le système financier qui est en jeu. La monnaie électronique s’est imposée ces dernières années comme un pilier des transactions en Guinée.
Si les utilisateurs ne peuvent plus retirer leurs fonds facilement, l’écosystème entier (distributeurs, commerçants et consommateurs) pourrait être fragilisé.
Reste désormais à savoir si les annonces de la Banque centrale se traduiront rapidement par une amélioration concrète sur le terrain.








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