L’économie du Ghana a affiché une croissance économique de 5,3 % au premier trimestre 2025, contre 4,9 % un an plus tôt, selon les données publiées le 11 juin 2025 par le Ghana Statistical Service (GSS). Cette performance, propulsée par les secteurs des services et de l’agriculture, marque une reprise robuste après la crise économique récente. Cet article détaille les moteurs de cette croissance, les défis persistants, et les recommandations pour maintenir cette dynamique.
Le secteur des services, représentant 46,8 % du PIB, a progressé de 5,9 %, avec les technologies de l’information et de la communication (TIC) en tête, enregistrant une croissance de 13,1 %. D’autres sous-secteurs clés, comme le commerce (7,1 %), les transports (8,6 %), la banque, et la santé, ont également contribué à cette dynamique. L’agriculture, quant à elle, a bondi de 6,6 % (contre 2,4 % en Q1 2024), portée par une hausse spectaculaire de la pêche (16,4 %) et des cultures. Ces deux secteurs ont représenté 84,5 % de la croissance totale du PIB.
Le secteur industriel a ralenti, avec une croissance de 3,4 % contre 6,7 % en Q1 2024, en raison d’une chute de 22,1 % dans le secteur pétrolier et gazier. Cependant, le sous-secteur manufacturier a maintenu une croissance solide de 6,6 %, témoignant de la résilience de la production locale. Hors pétrole et gaz, l’économie a progressé de 6,8 %, indiquant une diversification croissante et une moindre dépendance aux hydrocarbures.
Sur une base trimestrielle, le PIB réel corrigé des variations saisonnières a augmenté de 1,4 % au Q1 2025, contre 0,9 % au Q4 2024, soit une amélioration de 0,5 point. Les principaux moteurs incluent les cultures, les TIC, la fabrication, le commerce, les transports, et les finances/assurances. Cette progression reflète une économie qui retrouve son équilibre dans un contexte mondial complexe, comme l’a souligné le statisticien du gouvernement, Dr Alhassan Iddrisu : « Cette dynamique signale une reprise et une confiance retrouvée. »
Le programme « Agriculture pour la Transformation », avec ses subventions et formations, renforce la production alimentaire, favorisant la sécurité alimentaire et réduisant l’inflation, passée de 22,4 % en mars à 21,2 % en avril 2025. Les ménages bénéficient également de l’initiative « Économie 24 heures sur 24 », qui crée des opportunités d’emploi dans les TIC, le commerce, et les transports. Dr Iddrisu recommande aux entreprises de logistique et de fabrication d’adopter des cycles de travail continus pour maximiser cette croissance.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont encouragées à tirer parti des infrastructures améliorées (routes, irrigation, stockage) dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECA) et du programme Big Push. Ces initiatives facilitent l’accès aux intrants locaux et aux marchés régionaux, renforçant la compétitivité des PME. Par ailleurs, une croissance modeste de 1,4 % dans l’exploitation minière incite à intensifier les activités du Ghana Gold Board pour stabiliser les revenus aurifères.
Malgré cette reprise, des défis subsistent :
- Inflation élevée : Bien qu’en baisse, elle reste à 21,2 % en avril 2025, pesant sur le pouvoir d’achat.
- Dépendance au pétrole : La chute de 22,1 % du secteur pétrolier souligne la nécessité de diversifier l’économie.
- Restructuration de la dette : Les négociations en cours avec les créanciers internationaux, sous l’égide du programme IMF de 3 milliards de dollars, exigent une discipline fiscale stricte.
- Pressions externes : La volatilité du cedi et les coûts énergétiques élevés affectent les entreprises et les ménages.
Le World Bank prévoit une croissance de 4,3 % pour 2025, freinée par l’ajustement fiscal et l’inflation persistante, mais un retour à un potentiel de 5 % à moyen terme.
Pour soutenir cette croissance, Dr Iddrisu appelle à accélérer les investissements du programme Big Push dans l’énergie, les routes, et les infrastructures numériques. Ces efforts renforceront le secteur privé et la compétitivité régionale, notamment via l’AfCFTA. La robustesse du non-pétrolier (6,8 % de croissance) et la reprise agricole offrent une base solide pour atteindre l’objectif gouvernemental de 4 % de croissance annuelle d’ici fin 2025, après 5,7 % en 2024.
La croissance économique Ghana de 5,3 % au Q1 2025, portée par les services (5,9 %) et l’agriculture (6,6 %), témoigne d’une reprise résiliente après une crise économique majeure. En diversifiant son économie et en investissant dans les infrastructures, le Ghana renforce sa compétitivité régionale. Malgré les défis comme l’inflation et la dépendance pétrolière, les politiques telles que le Big Push et l’Agriculture pour la Transformation posent les bases d’une croissance durable, bénéficiant aux ménages et aux entreprises.








Commentaires 1