Ghana : 600 millions $ ciblés pour dynamiser l’arboriculture
Au Ghana, le cacao reste la locomotive des exportations agricoles. Mais le pays entend désormais accélérer la diversification de son agriculture en mobilisant près de 600 millions de dollars d’investissements dans les cultures arboricoles stratégiques.
L’initiative est portée par la Tree Crops Development Authority (TCDA), qui organise du 17 au 20 février le premier Sommet ghanéen sur l’investissement dans les cultures pérennes (GTCIS).
600 millions $ pour six filières stratégiques
À travers ce sommet, la TCDA ambitionne de mobiliser 100 millions $ d’engagements par filière, soit un total de 600 millions $ pour :
- l’anacarde
- le palmier à huile
- l’hévéa
- la noix de coco
- le karité
- la mangue
Placée sous le thème « Croissance durable grâce aux investissements dans les cultures pérennes : réinitialiser et bâtir l’économie verte du Ghana », la rencontre devrait réunir plus de 6 000 participants, dont des investisseurs institutionnels, des institutions de financement du développement, des agro-industriels et des décideurs politiques.
Pour Andy Osei Okrah, directeur général de la TCDA, l’événement doit démontrer la capacité du Ghana à attirer des capitaux et à bâtir des chaînes de valeur compétitives à l’échelle mondiale.
Un potentiel d’exportation encore sous-exploité
Selon la TCDA, chacune des six filières pourrait générer jusqu’à 2 milliards $ de recettes d’exportation annuelles d’ici 2030, à condition de mobiliser des investissements adéquats et de développer les capacités de transformation locale.
À titre de comparaison, les exportations d’anacarde – deuxième produit agricole exporté après le cacao – ont rapporté seulement 237 millions $ en 2024, d’après le Ghana Statistical Service (GSS).
L’enjeu est donc clair : réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et capter davantage de valeur ajoutée localement.
Des initiatives déjà engagées
Plusieurs filières arboricoles bénéficient déjà d’un regain d’intérêt des autorités d’Accra :
- Noix de coco
Le gouvernement prévoit de doubler les superficies cultivées pour atteindre 180 000 hectares d’ici 2028, avec un programme de distribution de semences améliorées. L’objectif est d’augmenter de 60 % les recettes d’exportation, à 18,1 millions $ par an.
- Karité
En janvier, le président John Dramani Mahama a lancé la construction d’un pôle industriel dédié au karité à Wa, dans la région du Haut-Ghana occidental. L’objectif : attirer des investissements dans les secteurs cosmétique, agroalimentaire, nutraceutique et pharmaceutique.
- Palmier à huile
Dans le cadre de sa Politique nationale de développement intégré de l’huile de palme (2026-2032), le Ghana prévoit une facilité de financement de 500 millions $ pour soutenir les investissements privés et viser l’autosuffisance.
Des défis persistants
Malgré ces ambitions, certaines filières comme l’anacarde et l’hévéa restent confrontées à :
- un faible niveau de transformation locale ;
- un déficit de régulation incitative ;
- un manque de financement structuré.
L’Association des transformateurs de caoutchouc a ainsi évoqué un manque à gagner de plus de 100 millions $ par an dans la filière hévéa, en raison d’un déficit d’industrialisation.
Vers une économie verte plus compétitive
À travers la mobilisation de 600 millions $ d’investissements, le Ghana veut repositionner ses cultures pérennes comme un pilier de croissance inclusive, de création d’emplois ruraux et de transformation industrielle.
Au-delà du cacao, l’arboriculture pourrait ainsi devenir un levier majeur pour bâtir une économie verte plus résiliente, compétitive et tournée vers les marchés internationaux.







