États-Unis : Donald Trump lance une taxe mondiale de 10 %, le Canada épargné
Désavoué par la Cour suprême des États-Unis sur sa capacité à imposer unilatéralement des droits de douane, le président Donald Trump a immédiatement contre-attaqué.
Le chef de l’exécutif a annoncé l’instauration d’une surtaxe mondiale de 10 %, avec entrée en vigueur prévue le 24 février 2026, tout en prévoyant certaines exceptions, notamment pour le Canada.
La Cour suprême rappelle l’autorité du Congrès
Dans un jugement de 170 pages, la haute juridiction américaine a estimé que l’imposition de droits de douane relève du Congrès, et non d’une décision unilatérale du président.
La décision invalide notamment :
- Les tarifs de 25 % appliqués à certains produits en provenance du Canada et du Mexique ;
- Les droits annoncés le 2 avril 2025 lors du « jour de la libération », qui visaient plus de 180 pays.
Ce revers fragilise un pilier central de la stratégie commerciale de l’administration Trump.
Visiblement irrité, le locataire de la Maison-Blanche a dénoncé une « honte pour la nation », critiquant vivement les juges majoritaires.
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Le « plan B » : la section 122 de la loi de 1974
Pour contourner la décision judiciaire, Donald Trump entend s’appuyer sur la section 122 de la Loi sur le commerce de 1974.
Ce dispositif permet d’imposer temporairement des restrictions commerciales afin de corriger des déséquilibres précis de la balance des paiements.
Toutefois, le mécanisme comporte des limites :
- Application maximale de 150 jours sans l’aval du Congrès ;
- Objectif théorique limité à la correction de déséquilibres spécifiques ;
- Impossibilité d’en faire un levier tarifaire global durable sans validation législative.
Le Canada temporairement protégé
À court terme, le Canada échappe à la nouvelle surtaxe.
La Maison-Blanche a confirmé que les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) resteront exemptées.
Par ailleurs, les droits sectoriels sur l’acier et l’aluminium ne seront pas majorés.
Vers une nouvelle phase d’instabilité commerciale
Si la décision de la Cour suprême freine l’élan unilatéral de l’exécutif, elle ne met pas fin aux tensions commerciales.
Entre confrontation institutionnelle interne et incertitudes sur la réaction des partenaires internationaux, cette nouvelle surtaxe mondiale ouvre une période d’instabilité accrue pour le commerce international et les relations économiques des États-Unis.







