Filière coton en Afrique de l’Ouest : le Bénin reprend le leadership devant le Mali
Le Bénin s’impose comme le premier producteur de coton en Afrique de l’Ouest pour la campagne 2025-2026. Selon les estimations du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-Pica), la production béninoise atteint 647 290 tonnes, plaçant le pays devant le Mali, annoncé à 433 700 tonnes.
Un retournement spectaculaire après une saison précédente dominée par le Mali, qui avait culminé à 690 000 tonnes.
Une chute marquée du Mali
Le recul malien est significatif : en une campagne, la production chute d’environ 34 %. Les intempéries et les fortes inondations enregistrées en fin de saison des pluies ont lourdement affecté les superficies cultivées et les rendements.
Dans un contexte sahélien marqué par des chocs climatiques récurrents, cette baisse illustre la vulnérabilité structurelle de la filière coton face aux aléas météorologiques.
La résilience béninoise récompensée
À l’inverse, le Bénin a su tirer parti :
- D’une relative stabilité agroclimatique
- D’un encadrement technique renforcé
- D’une meilleure organisation des producteurs
- D’une productivité en hausse
Les rendements béninois oscillent entre 1,1 et 1,2 tonne par hectare, contre 0,9 à 1 tonne par hectare au Mali. À l’échelle de centaines de milliers d’hectares, cet écart devient déterminant.
Au-delà des chiffres, cette performance confirme la progression constante de la productivité béninoise ces dernières années.
Un pilier stratégique de l’économie béninoise
Le coton représente environ 12 % du PIB du pays et constitue une source majeure de revenus pour des centaines de milliers de producteurs.
Mais la stratégie béninoise ne se limite plus à la production de fibre brute. Le pays mise désormais sur la transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée et réduire sa dépendance aux exportations de coton graine.
Un atout majeur pour la GDIZ
La performance 2025-2026 constitue un signal fort pour les investisseurs installés dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
Cette plateforme industrielle accueille plusieurs unités textiles et industrielles destinées à transformer le coton localement.
À ce jour :
- 12,7 % de la production nationale est transformée sur place
- L’objectif est d’atteindre 15 % à 20 % à moyen terme
La disponibilité d’une matière première abondante et régulière est un facteur clé pour sécuriser les chaînes de production et renforcer la compétitivité des exportations textiles béninoises.
Vers un écosystème coton intégré
En renforçant le lien entre production agricole et transformation industrielle, le Bénin construit progressivement un écosystème intégré :
- Création d’emplois qualifiés
- Augmentation des recettes d’exportation
- Diversification économique
- Réduction de la vulnérabilité aux fluctuations des cours mondiaux
La montée en puissance de la GDIZ s’inscrit pleinement dans cette logique de transformation structurelle.
Une performance au-delà des statistiques
La première place du Coton Bénin 2025-2026 ne constitue pas seulement une victoire agricole. Elle symbolise une ambition industrielle affirmée.
Dans un environnement régional marqué par les chocs climatiques et les incertitudes économiques, le Bénin capitalise sur sa compétitivité agricole pour asseoir durablement son leadership et faire du coton un véritable levier de développement économique.







