Déjà solidement implanté dans l’UEMOA, Coris Holding prépare une expansion historique. Le groupe bancaire burkinabè, dirigé par Idrissa Nassa, sollicite un prêt de 100 millions de dollars auprès de la Société Financière Internationale (SFI) pour acquérir 59,81 % du capital de Banco Comercial do Atlântico (BCA), la plus grande banque du Cap-Vert. Cette opération constituerait la première incursion d’un groupe francophone de l’UEMOA sur un marché lusophone.
Une acquisition stratégique dans un marché sous-bancarisé
Le projet cible le rachat de la participation majoritaire de Caixa Geral de Depósitos (CGD), banque publique portugaise, dans la BCA, avec la possibilité d’acquérir des participations minoritaires via la bourse cap-verdienne. Le financement serait structuré sous forme de prêt senior sur cinq ans, libellé en dollars ou en euros. La SFI prévoit de mobiliser jusqu’à 40 millions de dollars sur ses fonds propres, le reste étant financé par des investisseurs partenaires et fonds spécialisés.
L’objectif principal est de renforcer le financement des PME au Cap-Vert, où le déficit est estimé à 270 millions de dollars, soit près de 14,7 % du PIB. Coris compte appliquer son expertise ouest-africaine pour améliorer l’accès au crédit et stimuler l’économie locale.
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Sortir de sa zone de confort
Présent dans dix pays d’Afrique de l’Ouest, Coris Holding est un acteur majeur de l’UEMOA. Mais cette opération constitue un saut géographique et opérationnel : le Cap-Vert, archipel lusophone, utilise l’escudo cap-verdien (CVE) arrimé à l’euro. Coris privilégie donc un financement en euros pour limiter le risque de change. Des discussions sont en cours avec des banques d’investissement et fonds spécialisés pour structurer cette tranche.
Un calendrier qui s’accélère
L’acquisition avait été annoncée en mars 2024, sous réserve des autorisations réglementaires. Le 16 janvier 2026, la participation portugaise dans la BCA a été confirmée par Coris. La décision finale de la SFI est attendue pour le 23 mars 2026. En cas de feu vert, Coris deviendra le premier groupe bancaire francophone de l’UEMOA à contrôler une banque lusophone, ouvrant la voie à de nouvelles expansions régionales.
Des défis opérationnels à anticiper
Au-delà du rachat, Coris devra gérer les différences réglementaires, monétaires et culturelles. Le succès dépendra de sa capacité à transférer son expertise en financement de PME tout en s’adaptant aux particularités locales. Le soutien de la SFI valide la trajectoire stratégique du groupe, mais la mise en œuvre sur le terrain sera déterminante.







