La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) prévoit une légère reprise de sa production pétrolière en 2024, selon un rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) publié en juin. Après un repli en 2023, la production des six pays membres devrait croître de 2,5 % pour atteindre 40,3 millions de tonnes, consolidant la place du pétrole comme moteur clé des exportations de la région.
Le Congo en tête des producteurs
En 2024, le Congo conservera sa position de leader avec une production prévue de 13,2 millions de tonnes, représentant 33 % de la production totale de la région. Le pays détient également les plus grandes réserves prouvées de pétrole de la CEMAC, estimées à 3 milliards de barils, soit environ 40 % des réserves totales de la zone. Avec ces ressources, le Congo pourrait encore produire du pétrole pendant 20 ans.
Le Gabon et la Guinée Équatoriale en hausse
Le Gabon, deuxième producteur de la région, devrait voir sa production augmenter de 9,6 % en 2024, atteignant 11,4 millions de tonnes et consolidant ainsi sa part à 28 % de la production régionale. De son côté, la Guinée Équatoriale devrait également connaître une hausse notable, avec une production de 4,6 millions de tonnes après une baisse significative de 28 % en 2023. Cette progression de 18 % permettra à Malabo de regagner du terrain sur le marché pétrolier régional.
Le Cameroun en repli, statu quo au Tchad
En revanche, la production de pétrole brut du Cameroun est attendue en baisse, passant à 3,1 millions de tonnes en 2024, soit une diminution de 11,4 % sur trois ans. Cette baisse fait du Cameroun le seul pays de la CEMAC à enregistrer une contraction de sa production cette année.
Le Tchad, pour sa part, maintiendra sa production à 7,7 millions de tonnes, représentant 19 % de la production totale de la région. Toutefois, selon une note du Trésor français, les gisements pétroliers de la CEMAC, devenus matures, perdent progressivement en productivité, ce qui explique la stagnation observée dans plusieurs pays.
Le secteur du gaz naturel en stagnation
Concernant le gaz naturel, la production régionale devrait se stabiliser à 7,232 millions de tonnes en 2024. Une nouvelle unité flottante, installée sur la plateforme gazière Marine XII au large du Congo, devrait faire grimper la production gazière congolaise à 797 000 tonnes cette année, contre moins de 30 000 tonnes en 2023.
Cependant, une baisse est attendue en Guinée Équatoriale, principal producteur de gaz de la région avec 64 % de la production totale. Le pays devrait voir sa production diminuer à 4,6 millions de tonnes, contre 5,3 millions en 2023.
Conclusion
Malgré les défis liés à la maturité des gisements et les fluctuations des marchés, la CEMAC semble bien placée pour enregistrer une légère reprise de sa production pétrolière en 2024. Les efforts des principaux producteurs, comme le Congo et le Gabon, ainsi que l’optimisation des infrastructures gazières, devraient permettre à la région de maintenir sa dépendance à l’or noir, tout en renforçant ses recettes d’exportation.







