La crise financière CEMAC franchit un seuil critique. Confrontée à une trésorerie exsangue, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a annoncé la suspension temporaire d’une partie de ses activités.
Sont concernées les réunions administratives ainsi que les missions officielles non essentielles prévues dans le budget 2026. L’institution régionale adopte désormais un fonctionnement en « service quasi minimum », ne maintenant que les actions jugées hautement stratégiques.
Une taxe communautaire insuffisamment reversée
Le budget de la Commission repose principalement sur la Taxe communautaire d’intégration (TCI), prélevée par les États membres. Or, selon les informations disponibles, seule la moitié des montants attendus a été reversée l’an dernier.
Face à cette situation, le président de la Commission, Baltasar Engonga, a lancé un appel pressant aux pays membres afin qu’ils honorent leurs engagements financiers. Plusieurs économies de la sous-région restent toutefois fragilisées, limitant leur capacité à alimenter régulièrement les caisses communautaires.
Risque pour l’intégration régionale
Cette cure d’austérité pourrait avoir des répercussions significatives sur les projets d’infrastructures régionales et sur les ambitions d’intégration économique en Afrique centrale.
Un affaiblissement durable des capacités opérationnelles de la Commission risquerait d’entraver la libre circulation des personnes et des biens, et de ralentir un processus d’intégration déjà marqué par des avancées modestes.
À court terme, la viabilité financière de la CEMAC dépendra donc de la mobilisation effective des contributions communautaires et d’un éventuel réajustement de son modèle budgétaire.








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