CEDEAO : les acteurs régionaux appellent à accélérer le commerce et l’intégration économique
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a réuni représentants des États membres, du secteur privé, de la société civile et du monde universitaire pour réfléchir à l’avenir du commerce régional, de l’intégration économique et du développement durable en Afrique de l’Ouest.
La rencontre s’est tenue du 3 au 6 mars 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, et visait à identifier les leviers permettant d’accélérer la mise en œuvre des politiques d’intégration régionale.
Des progrès reconnus mais des défis persistants
Dans son discours d’ouverture, Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine de la Côte d’Ivoire, a salué les avancées enregistrées par la CEDEAO tout en soulignant les obstacles structurels qui freinent encore une intégration plus profonde.
Il a notamment plaidé pour :
- la suppression des barrières non tarifaires,
- la numérisation des procédures commerciales,
- la promotion de l’industrialisation régionale,
- un investissement accru dans les infrastructures,
- et la mise en place de mécanismes efficaces de suivi et d’évaluation pour soutenir la Vision 2050 de la CEDEAO.
Un commerce intra-régional encore limité
Dans son intervention, Mohamed Ibn Chambas, président du groupe de travail sur le Programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO (ETLS), a rappelé que malgré les progrès réalisés depuis plus de cinquante ans, le commerce intra-régional reste inférieur à 15 %.
Il a appelé à renforcer :
- l’industrialisation et la transformation locale,
- le financement de l’agriculture,
- la création d’emplois pour les jeunes,
tout en invitant les participants à formuler des recommandations concrètes pour transformer l’intégration régionale en résultats tangibles.
Des perspectives économiques prometteuses
Pour Kalilou Sylla, commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO, plusieurs États membres figurent déjà parmi les économies les plus dynamiques du monde.
Selon lui, les trajectoires de croissance actuelles pourraient permettre à certains pays d’Afrique de l’Ouest de figurer parmi les 20 premières économies mondiales au cours des 50 à 70 prochaines années, à condition d’accélérer les réformes et les investissements nécessaires.
Accélérer la mise en œuvre des protocoles régionaux
Les participants ont toutefois exprimé leur préoccupation face au fait que le marché commun régional n’est toujours pas pleinement opérationnel, plus de cinq décennies après la création de la CEDEAO.
Ils ont notamment appelé à :
- supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires,
- accélérer la mise en œuvre des systèmes douaniers numériques comme SIGMAT,
- déployer les certificats d’origine électroniques pour faciliter les échanges.
Les délégués ont également souligné les retards répétés dans la création de la monnaie unique de la CEDEAO, appelant à relancer l’intégration monétaire et à développer des systèmes de paiement numériques interopérables.
Une intégration plus inclusive
La réunion a également mis l’accent sur l’inclusion des jeunes et des femmes, qui restent sous-représentés dans les processus de décision malgré leur poids démographique.
Les participants ont ainsi recommandé :
- un soutien accru aux petits commerçants transfrontaliers,
- l’amélioration des mécanismes de protection aux frontières,
- un engagement plus fort de la société civile dans les politiques d’intégration.
Agriculture, climat et sécurité alimentaire
Face aux défis environnementaux et alimentaires, les délégués ont appelé à :
- renforcer la coopération agricole régionale,
- promouvoir des pratiques agricoles résilientes face au changement climatique,
- développer des mécanismes de financement plus solides pour l’agriculture.
Une table ronde animée par Sandra Isabelle Folquet, cheffe de la représentation nationale de la Côte d’Ivoire auprès de la CEDEAO, a également permis d’examiner les succès et les défis de l’intégration régionale du point de vue ivoirien.
Passer des politiques aux résultats
En conclusion, les participants ont appelé la CEDEAO à passer des protocoles et des stratégies aux résultats concrets, en renforçant la volonté politique, l’implication des citoyens et la coopération entre les États.
L’objectif est de faire de l’intégration régionale un moteur de croissance, de commerce et de prospérité pour plus de 400 millions d’habitants d’Afrique de l’Ouest.







