Un nouveau coup d’accélérateur pour la BVMAC
La Banque des États de l’Afrique centrale relance son dispositif d’appui à la cotation en bourse, en partenariat avec la Banque africaine de développement. Objectif : dynamiser la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, encore en quête de profondeur.
Un appel à manifestation d’intérêt, publié le 17 mars 2026, vise à sélectionner quatre entreprises susceptibles de bénéficier d’un accompagnement financier pour leur introduction en bourse.
Une enveloppe de 143 millions FCFA pour lever les freins
Le dispositif mobilise une enveloppe d’environ 143 millions de FCFA, issue du Fonds d’aide au secteur privé africain, un instrument géré par la BAD.
Ces ressources permettront de couvrir plusieurs coûts liés à l’introduction en bourse :
- la commission de visa de la Commission de surveillance des marchés financiers de l’Afrique centrale,
- les frais d’introduction à la BVMAC,
- ainsi que les honoraires des conseils juridiques et des commissaires aux comptes.
Seules les entreprises non cotées pourront bénéficier de ce soutien, sous réserve d’une validation conjointe des différentes institutions impliquées.
Un second appel après un premier échec
Cette relance intervient après l’échec du premier appel lancé en juillet 2025, jugé infructueux en raison d’un nombre insuffisant de candidatures.
Ce revers illustre les réticences persistantes des entreprises face à la cotation, souvent perçue comme coûteuse et contraignante en matière de transparence et de gouvernance.
Un marché financier régional en quête de dynamisme
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale (PAMFUAC), piloté par l’unité de gestion des réformes des institutions financières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
Depuis l’unification du marché en 2019, les États membres se sont engagés à introduire en bourse certaines entreprises publiques. Pourtant, les résultats restent limités.
À ce jour, seules deux entreprises ont franchi le pas :
- la Société commerciale gabonaise de réassurance,
- et Bange Bank.
Des blocages structurels persistants
Plusieurs facteurs expliquent cette faible dynamique :
- la réticence des dirigeants à ouvrir leur capital,
- les exigences de transparence imposées par le marché,
- et le manque d’application des décisions publiques.
Selon le directeur général de la BVMAC, Louis Banga Ntolo, ces freins traduisent une certaine inertie institutionnelle et managériale.
La restructuration des entreprises, préalable à la cotation
Dans certains pays comme le Cameroun, les autorités privilégient une approche progressive. Plusieurs entreprises publiques, dont :
- Aéroports du Cameroun,
- Sodecoton,
- Port autonome de Douala,
- Cameroon Hotels Corporation,
font l’objet d’un accompagnement technique par l’Agence française de développement.
L’objectif est de moderniser leur gouvernance et de les rendre plus attractives pour les investisseurs avant toute introduction en bourse.
Un test pour l’avenir du marché financier régional
Avec cette nouvelle initiative, la BEAC et la BAD tentent de lever l’un des principaux obstacles à la cotation : le coût d’entrée sur le marché.
Mais au-delà de l’appui financier, le véritable enjeu reste la transformation structurelle des entreprises et l’évolution des mentalités.
La réussite de ce dispositif pourrait marquer un tournant pour la BVMAC, appelée à jouer un rôle plus central dans le financement des économies de la sous-région.







