La retenue TVA Burkina Faso connaît un tournant majeur. À travers la loi de finances 2026, le gouvernement relève le taux de retenue à la source de la TVA de 20 % à 30 %, renforçant ainsi son dispositif de sécurisation des recettes fiscales.
Cette réforme intervient dans un contexte budgétaire contraint, marqué par la nécessité de mobiliser davantage de ressources domestiques pour faire face aux défis sécuritaires et de développement.
Une modernisation ciblée du recouvrement fiscal
Introduit en 2023, le mécanisme de retenue à la source vise à améliorer la traçabilité des flux financiers et à limiter les pertes liées aux défauts de déclaration ou de paiement.
Selon Idrissa Ouédraogo, directeur de la législation et du contentieux, la mesure cible prioritairement les grandes entreprises relevant de la Direction des grandes entreprises (DGE). Ces dernières devront systématiquement appliquer la retenue lors du règlement de leurs fournisseurs assujettis à la TVA.
Les comptables publics sont également concernés. Ils devront reverser les montants retenus au plus tard le 15 du mois suivant, renforçant ainsi la discipline fiscale et la rapidité des flux vers le Trésor.
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Pas de hausse des taux de TVA
Les autorités tiennent à lever toute ambiguïté : cette réforme ne modifie pas les taux légaux de la TVA au Burkina Faso.
Le taux normal reste fixé à 18 %, tandis que le taux réduit de 10 % continue de s’appliquer aux secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et au transport aérien domestique. La retenue à la source constitue simplement une avance sur la TVA due par le fournisseur, imputable sur sa déclaration périodique.
En portant cette avance de 20 % à 30 %, l’administration fiscale cherche à sécuriser une part plus importante de la taxe dès la transaction, réduisant ainsi les risques d’impayés.
Un impact potentiel sur la trésorerie des PME
Si l’objectif de sécurisation des recettes est clair, la réforme pourrait affecter la trésorerie des fournisseurs, en particulier les PME. Une part plus élevée de TVA sera désormais retenue en amont, ce qui pourrait temporairement peser sur leur fonds de roulement en attendant l’imputation ou le remboursement.
Dans un contexte de raréfaction de l’aide extérieure et de pression accrue sur les finances publiques, cette mesure traduit toutefois une volonté d’optimisation du recouvrement fiscal et de modernisation administrative.
Son efficacité dépendra désormais de la capacité de l’administration à garantir la fluidité des remboursements de crédits de TVA et à accompagner les contribuables dans cette transition.







