Le Botswana, premier producteur africain de diamants, a annoncé le lancement d’un programme de citoyenneté par investissement, communément appelé « passeport doré », destiné aux investisseurs étrangers disposés à engager au moins 75.000 dollars dans l’économie nationale.
Prévu pour entrer officiellement en vigueur au début de l’année 2026, ce dispositif s’inscrit dans une stratégie de diversification économique visant à réduire la forte dépendance du pays aux revenus issus du diamant. Les secteurs ciblés incluent notamment l’immobilier, le tourisme, les mines et les énergies renouvelables.
Selon le Financial Times, l’intérêt suscité par le programme est déjà significatif, avec des candidats potentiels originaires principalement des États-Unis, de l’Inde et du Zimbabwe.
Diversifier l’économie au-delà des diamants
Les exportations de diamants représentent environ un tiers du PIB du Botswana, mais leurs performances se sont affaiblies ces dernières années en raison du ralentissement prolongé du marché mondial. Cette situation a exercé une pression accrue sur les finances publiques en 2025, malgré le statut du Botswana comme premier producteur mondial de diamants en valeur.
« Ce programme nous permettra de sécuriser l’avenir financier à long terme du Botswana », a déclaré le président Duma Boko.
Conditions financières et modalités
Les candidats devront effectuer une contribution comprise entre 75.000 et 90.000 dollars au profit de l’État. En tenant compte des frais de diligence raisonnable, de traitement et d’administration, le coût total devrait avoisiner 90.000 dollars ou davantage, selon la composition familiale, rapporte Business Insider Africa.
Le programme sera mis en œuvre sur la base de quotas, avec un nombre limité de bénéficiaires une fois le cadre législatif finalisé et les demandes officiellement ouvertes en 2026.
Une demande déjà soutenue
Dès la phase de pré-enregistrement, les autorités ont enregistré 464 manifestations d’intérêt provenant de 77 pays en une semaine. Les principaux pays d’origine sont l’Inde, les États-Unis, l’Afrique du Sud, le Pakistan, le Nigeria et le Zimbabwe.
De nombreux candidats envisagent une demande familiale, ce qui renforce l’attractivité du dispositif auprès des investisseurs internationaux.
Un changement de cap majeur
Contrairement à de nombreux régimes de résidence par investissement, le programme botswanais accorde la pleine citoyenneté, y compris la possibilité de double nationalité, marquant une évolution significative de la politique migratoire du pays.
Avec cette initiative, le Botswana rejoint un nombre croissant de pays africains proposant des dispositifs similaires, notamment l’Égypte, la Sierra Leone et São Tomé-et-Príncipe, où les montants requis varient entre 90.000 et 250.000 dollars.
D’autres États, tels que Maurice, la Namibie, le Kenya et l’Ouganda, étudient également des programmes comparables afin d’attirer les investissements étrangers et de stimuler leur transformation économique.
Un levier pour la croissance à long terme
Les promoteurs du programme estiment qu’il permettra de canaliser des capitaux vers des secteurs clés comme le logement, le tourisme, les énergies renouvelables, l’exploitation minière et les services financiers, contribuant ainsi à une croissance durable et moins dépendante des ressources extractives.







