Aïd al-Adha 2026 : le Kenya veut se positionner sur le marché des moutons en Algérie
Le Kenya cherche à se faire une place sur le marché algérien de l’exportation de bétail. Le pays d’Afrique de l’Est envisage d’expédier des centaines de milliers de moutons vers l’Algérie dans le cadre du vaste programme d’importation d’ovins lancé par Alger à l’approche de l’Aïd al-Adha 2026.
Cette initiative intervient alors que l’Algérie prévoit d’importer un million de moutons afin de répondre à la forte demande liée à cette fête religieuse, tout en contribuant à stabiliser les prix sur le marché local.
Des discussions pour renforcer la coopération agricole
Selon un communiqué publié le 5 mars par le ministère kényan de l’Agriculture et du Développement de l’Élevage, les autorités du pays envisagent d’exporter « des centaines de milliers de moutons vivants vers l’Algérie » dans les prochains mois.
Dans ce contexte, le ministre kényan de l’Agriculture, Mutahi Kagwe, s’est entretenu avec l’ambassadeur d’Algérie à Nairobi, Farid Ouahid Dahmane. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et du commerce des produits agricoles.
Ces discussions font suite à la visite d’une délégation technique algérienne à Nairobi. Les experts se sont rendus sur place afin d’évaluer les capacités de production ovine du Kenya ainsi que son système de santé animale.
Une opportunité économique pour les éleveurs kényans
Les autorités kényanes espèrent profiter du programme d’importation de bétail lancé par Alger pour s’implanter durablement sur le marché algérien.
Selon le ministère kényan de l’Agriculture, cette opportunité pourrait générer un important marché d’exportation pour les éleveurs et les commerçants locaux, avec des retombées économiques estimées à plusieurs milliards de shillings à long terme.
Au Kenya, l’élevage joue un rôle clé dans l’économie agricole. Il représente environ 42 % du produit intérieur brut agricole du pays. Le cheptel national compte plus de 26 millions de moutons et plus de 38 millions de chèvres.
Malgré ce potentiel, les exportations d’ovins et de caprins restent encore modestes. En 2024, elles ont atteint environ 2 millions de dollars, principalement à destination d’Oman et de la Tanzanie.
L’Algérie à la recherche de nouveaux fournisseurs
Du côté de l’Algérie, la décision d’importer un million de moutons pour l’Aïd al-Adha 2026 a été annoncée lors d’une réunion gouvernementale tenue le 7 janvier dernier.
Cette mesure vise à répondre à la forte demande liée à la fête religieuse tout en préservant le cheptel national, fragilisé ces dernières années par les épisodes de sécheresse.
Plusieurs pays ont déjà manifesté leur intérêt pour participer à cette opération. La Mauritanie figure notamment parmi les fournisseurs pressentis. D’autres partenaires potentiels comme l’Espagne, la Roumanie, l’Ukraine, le Brésil et le Soudan sont également évoqués.
L’appel d’offres lancé par Alviar (Algérienne des viandes rouges) prévoit des lots compris entre 50 000 et 200 000 têtes, pour des moutons âgés de 6 à 24 mois et pesant entre 35 et 65 kilogrammes.
Vers un partenariat agricole plus large
Au-delà des exportations d’ovins, les discussions entre le Kenya et l’Algérie portent également sur un partenariat agricole plus large, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Le Kenya a notamment exprimé son intérêt pour l’importation d’engrais algériens afin de soutenir sa production agricole. Les deux pays ont aussi évoqué une collaboration dans le domaine de la santé animale, notamment autour des vaccins produits par l’Institut kényan de production de vaccins vétérinaires.
D’autres produits agricoles kényans tels que les produits laitiers, le thé, les avocats, la macadamia ou encore les produits à base de mangue, pourraient également trouver leur place dans les échanges commerciaux entre les deux pays, ouvrant la voie à une coopération économique plus diversifiée.







