La Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun a lancé une enquête interne pour identifier les complices locaux de Glencore, multinationale accusée d’avoir versé des pots-de-vin à des responsables camerounais. Ce scandale de corruption, révélé en 2022, a gravement entaché la réputation de la SNH et du secteur pétrolier camerounais.
Alors que la Southwark Crown Court à Londres doit dévoiler les noms des responsables impliqués le 8 octobre 2024, la SNH exprime sa volonté de restaurer son intégrité. Dans un communiqué publié le 10 septembre, l’administrateur-directeur général de la SNH, Adolphe Moudiki, a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à coopérer pleinement avec la justice pour faire la lumière sur cette affaire.
Cependant, des voix critiques, comme celle de Me Akere Muna, ancien bâtonnier et figure majeure de la lutte anticorruption au Cameroun, soulignent le manque de transparence de la SNH. Selon lui, l’entreprise n’a réagi que lorsque le Serious Fraud Office du Royaume-Uni a dévoilé les noms d’anciens employés de Glencore inculpés pour corruption. Il accuse également la SNH d’avoir tardivement suspendu ses relations avec Glencore, sans fournir de preuves concrètes.
Glencore avait admis avoir versé environ 7 milliards de FCFA (12 millions de dollars) à des responsables de la SNH et de la SONARA pour obtenir des avantages dans le secteur pétrolier. L’affaire a pris une dimension internationale, soulignant les défis de la gouvernance et de la transparence dans l’industrie pétrolière en Afrique.
Cette enquête pourrait révéler l’implication de Camerounais, ce qui risquerait d’aggraver la perception internationale du pays, déjà mal classé au 140e rang sur 180 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.







