Côte d’Ivoire : le pays sort de la liste grise du GAFI
La Côte d’Ivoire n’est désormais plus placée sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI). Réuni en séance plénière du 28 au 30 octobre 2026 à Paris, l’organisme international a officiellement décidé, le vendredi 30 octobre, de retirer le pays de sa liste grise, qui recense les juridictions présentant des défaillances stratégiques dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Cette décision vient couronner deux années de réformes engagées par les autorités ivoiriennes pour renforcer le dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites. La Côte d’Ivoire avait été inscrite sur cette liste le 25 octobre 2024, à la suite de l’identification de plusieurs insuffisances dans son système de prévention et de répression de la criminalité financière.
Deux ans de réformes pour renforcer le dispositif financier
Depuis son inscription, le pays s’était engagé à mettre en œuvre un plan d’action destiné à corriger les insuffisances relevées par le GAFI. Les mesures portaient notamment sur le renforcement de la coopération internationale dans les enquêtes et poursuites liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, l’amélioration de la supervision fondée sur les risques et le contrôle des institutions financières et des professions non financières.
Les autorités ivoiriennes ont également travaillé à améliorer l’accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales, l’exploitation du renseignement financier par les services d’enquête ainsi que l’application des sanctions financières ciblées.
Une étape importante avait été franchie en juin 2026, lorsque le GAFI avait relevé les progrès accomplis par le pays. La Côte d’Ivoire a ensuite fait l’objet d’une visite sur place destinée à vérifier l’effectivité des réformes et la capacité des institutions à maintenir les améliorations engagées.
À l’issue de cette évaluation, le GAFI a salué les progrès significatifs réalisés par le pays et confirmé que son plan d’action avait été mené à bien dans les délais convenus. La décision du 30 octobre met ainsi officiellement fin à sa surveillance renforcée.
Un signal positif pour la crédibilité financière de la Côte d’Ivoire
La sortie de la liste grise constitue une avancée pour l’image et la crédibilité du système financier ivoirien auprès des partenaires internationaux. Le classement du GAFI peut influencer l’appréciation des risques par les banques, les investisseurs et les institutions financières opérant à l’échelle internationale.
Le retrait de cette liste est donc susceptible de faciliter les relations avec les correspondants bancaires étrangers et de réduire certaines contraintes de conformité associées à la perception du risque lié au pays. Il pourrait également contribuer à renforcer la confiance des investisseurs dans l’environnement financier ivoirien.
Cette évolution ne signifie toutefois pas une baisse automatique du coût du financement ni la disparition de toutes les obligations de vigilance. Le GAFI rappelle que l’évaluation des risques doit rester fondée sur les situations propres à chaque opération et à chaque client, plutôt que conduire à l’exclusion systématique de catégories entières de clients ou de juridictions.
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La Côte d’Ivoire appelée à préserver les acquis
Pour les banques, les entreprises et les autres acteurs économiques, cette décision marque une étape importante dans l’amélioration de l’environnement de conformité et des relations financières internationales du pays. Elle traduit les progrès réalisés grâce à la mobilisation des administrations publiques, des institutions nationales et du secteur privé.
La Côte d’Ivoire devra néanmoins poursuivre les réformes engagées afin de garantir l’efficacité durable de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération. Le GAFI a d’ailleurs indiqué que le pays continuerait à travailler avec le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) pour consolider les améliorations obtenues.
Après deux années sous surveillance renforcée, la Côte d’Ivoire franchit ainsi une étape importante pour la crédibilité de son système financier. L’enjeu est désormais de maintenir les résultats obtenus et de faire de ces avancées un acquis durable.






