Plus de 19 000 participants ont pris part aux Assemblées annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, organisées du 12 au 18 octobre au Queen Sirikit National Convention Center, à Bangkok, en Thaïlande. Placée sous le thème « Empowering People, Building Resilience », cette édition a notamment porté sur l’emploi des jeunes, le financement du développement et les possibilités offertes par l’intelligence artificielle (IA).
Cette rencontre marque également le retour des Assemblées annuelles en Asie du Sud-Est pour la première fois depuis 1991. Les discussions ont mis en évidence plusieurs défis communs aux économies développées et en développement, dans un contexte de besoins croissants de financement et de transformation technologique.
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L’emploi des jeunes au cœur des préoccupations
L’une des principales questions abordées concerne l’intégration des jeunes sur le marché du travail. Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a rappelé l’ampleur du défi : environ 1,2 milliard de jeunes devraient atteindre l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie.
Pour les pays africains, cet enjeu est particulièrement important. La capacité à créer des emplois productifs dépend notamment du dynamisme du secteur privé, de la qualité de la formation, des infrastructures et de l’accès au financement. La croissance démographique représente ainsi à la fois un défi pour les politiques publiques et un potentiel économique, à condition que les économies puissent absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.
Les échanges de Bangkok ont souligné la nécessité de mieux articuler les politiques de développement avec les besoins des entreprises et les compétences recherchées.
Le financement du développement sous pression
Les besoins de financement ont constitué un autre axe majeur des discussions. Selon les données présentées dans le compte rendu, l’aide publique au développement (APD) a diminué de 23 % en 2025, accentuant les difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs pays en développement.
Dans ce contexte, la mobilisation de ressources prévisibles et la diversification des instruments de financement apparaissent comme des priorités. Les États doivent notamment composer avec les dépenses liées aux infrastructures, à la protection sociale et à l’emploi, tout en préservant la soutenabilité de leur dette.
Pour les économies africaines, la question est de parvenir à financer leurs priorités de développement sans accroître excessivement les risques budgétaires. Cela suppose notamment d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures, de renforcer l’efficacité des dépenses publiques et de favoriser les investissements privés lorsque les conditions le permettent.
L’intelligence artificielle et la lutte contre la fraude numérique
Les Assemblées annuelles ont également abordé les possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Le Groupe de la Banque mondiale a mis en avant l’importance de rendre cette technologie plus accessible aux pays en développement, afin qu’ils puissent en exploiter les applications dans les services publics, les entreprises et les activités économiques.
Les discussions ont parallèlement porté sur la nécessité de renforcer la sécurité des transactions numériques. Dans ce cadre, le Bangkok Blueprint a été présenté comme une initiative destinée à consolider la lutte contre la fraude financière numérique.
L’enjeu est double pour les économies en développement : tirer parti des innovations technologiques pour améliorer la productivité et l’accès aux services, tout en limitant les risques associés à la numérisation des activités financières.
Des priorités étroitement liées pour les économies africaines
Les échanges de Bangkok mettent en lumière trois défis interdépendants pour les pays africains : créer suffisamment d’emplois, mobiliser les financements nécessaires au développement et accompagner les transformations technologiques.
La baisse de l’aide publique au développement renforce l’importance de ressources intérieures plus solides et d’investissements mieux orientés. Dans le même temps, l’intelligence artificielle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives économiques, à condition que les pays disposent des infrastructures, des compétences et des dispositifs de régulation adaptés.
Les Assemblées annuelles 2026 ont ainsi placé la création d’emplois et le renforcement de la résilience économique au centre des discussions internationales. La concrétisation de ces priorités dépendra toutefois des politiques mises en œuvre, des financements mobilisés et de la capacité des institutions à traduire les engagements en résultats mesurables.







