La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a publié une note de synthèse consacrée au Zimbabwe, analysant les perspectives macroéconomiques du pays, ses performances commerciales, le développement de son secteur financier et la viabilité de sa dette. Le rapport met en avant le potentiel de croissance de cette économie d’Afrique australe, soutenu par ses ressources naturelles, ses liens régionaux et les opportunités liées à la transition énergétique mondiale.
Selon les projections présentées par la Banque, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait atteindre 5 % en 2026, après une progression estimée à 8,3 % en 2025. Afreximbank anticipe également une forte baisse de l’inflation, qui passerait de 55 % en 2025 à 3,9 % en 2026, dans un contexte de stabilisation de la monnaie nationale, le Zimbabwe Gold, et d’amélioration des entrées de devises.
Une croissance soutenue par l’agriculture et les exportations d’or
La performance économique du Zimbabwe en 2025 a notamment reposé sur le rebond de la production agricole, la solidité des exportations d’or et la hausse des cours internationaux du métal précieux.
Pour 2026, Afreximbank prévoit une croissance qui resterait soutenue par de meilleurs rendements agricoles, une augmentation des dépenses publiques et des perspectives favorables pour l’exploitation aurifère.
La baisse attendue de l’inflation constitue un autre élément important des perspectives économiques du pays. D’après la note, la stabilisation du Zimbabwe Gold devrait bénéficier de l’augmentation de la production nationale d’or et de l’amélioration des entrées de devises étrangères.
Ces prévisions restent toutefois des projections : leur réalisation dépendra de l’évolution des conditions économiques et des facteurs soutenant la production et la stabilité monétaire.
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Le lithium, l’or et le platine au cœur du potentiel minier
Le rapport souligne la place stratégique des ressources minérales du Zimbabwe dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le pays dispose notamment d’importants gisements de lithium, un minerai essentiel à la fabrication des batteries utilisées dans les véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie.
L’or, les métaux du groupe du platine, les diamants et le chrome complètent cette dotation minérale. Dans un contexte de demande croissante pour plusieurs minerais associés à la transition énergétique, ces ressources représentent un levier potentiel de croissance des exportations et de développement industriel.
Pour Afreximbank, l’enjeu consiste cependant à dépasser la simple extraction et l’exportation de matières premières afin de développer des activités de transformation locale, susceptibles de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.
Haro sur les exportations de minerais bruts : le pari de la transformation locale
La note présente les restrictions instaurées en février 2026 sur les exportations de minerais bruts et de concentrés de lithium comme une étape importante de la stratégie industrielle du Zimbabwe.
Cette orientation vise à encourager la transformation des ressources sur le territoire national et à renforcer la place du pays dans les chaînes de valeur mondiales des batteries. En développant des capacités industrielles locales, le Zimbabwe cherche à tirer davantage de bénéfices économiques de ses ressources minières.
Cette ambition s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2 pour la période 2026-2030. Celle-ci accorde une place prioritaire à la stabilité macroéconomique, aux infrastructures, à l’industrialisation et à la création d’emplois.
Le rapport relève également des perspectives de croissance à plus long terme liées à l’accord de partage de la production pétrolière signé en mai 2026 pour le projet pétrolier et gazier du bassin de Cabora Bassa.
La finance numérique, un autre levier de développement
Au-delà des ressources naturelles, Afreximbank met en avant l’évolution du secteur financier zimbabwéen et les possibilités offertes par les services numériques.
Le partenariat conclu en mai 2025 entre InnBucks MicroBank et Mambu est présenté comme une étape importante dans le développement de la banque numérique et de l’inclusion financière.
L’élargissement de l’accès aux services financiers peut contribuer à faciliter les transactions, à soutenir les activités économiques et à améliorer l’accès des entreprises et des particuliers aux solutions bancaires.
La note inscrit ainsi le développement financier parmi les composantes de la transformation économique du pays, aux côtés de la stabilité macroéconomique et de l’industrialisation.
Afreximbank appelle à construire des chaînes de valeur africaines
Commentant la publication du rapport, Yemi Kale, économiste en chef du groupe Afreximbank et directeur général de la recherche et de l’intelligence commerciale de la Banque, a souligné l’importance de la valorisation locale des ressources naturelles.
« Les riches gisements de minerais essentiels du Zimbabwe offrent une formidable opportunité de dépasser le stade de l’exportation de matières premières brutes et de construire des chaînes de valeur régionales compétitives, ancrées dans la production locale, la valorisation et la création de valeur ajoutée. »
Il estime que la transformation du lithium, de l’or, des métaux du groupe du platine et d’autres ressources en produits à plus forte valeur ajoutée pourrait renforcer la base industrielle du pays, créer des emplois de qualité et développer ses échanges avec les marchés africains.
Cette orientation rejoint le mandat d’Afreximbank, qui vise à transformer la structure du commerce africain et à accélérer l’industrialisation du continent, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour le Zimbabwe, le défi sera de convertir ses ressources minières et ses perspectives de croissance en capacités de production durables, en emplois et en échanges commerciaux à plus forte valeur ajoutée.







