Le 13 octobre 2026, la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a réalisé sa première émission obligataire sur les marchés internationaux de capitaux, levant 222 millions de dollars américains. Cette opération marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son Plan stratégique 2023-2027, baptisé « AZOBE », et ouvre à l’institution une nouvelle source de financement pour soutenir ses interventions dans les six pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Une levée de fonds représentant près de 15 % du bilan de la BDEAC
Les ressources mobilisées à travers cette émission représentent une augmentation de près de 15 % de la surface bilantielle de la Banque. Elles doivent permettre d’accélérer les décaissements destinés au financement du développement économique, à l’intégration régionale et à la réalisation de projets structurants.
Les investissements concernés portent notamment sur les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie et l’industrie dans les six États membres de la CEMAC.
Pour Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC, cette opération constitue un signal de confiance des investisseurs internationaux envers les fondamentaux financiers de la Banque et les réformes engagées ces dernières années. Elle témoigne également, selon lui, de la place grandissante de l’institution au sein de la communauté internationale des banques multilatérales de développement.
L’opération a notamment bénéficié de la participation d’Africa Finance Corporation (AFC), en qualité d’investisseur d’ancrage stratégique, aux côtés d’autres investisseurs de premier plan.
Lire aussi : BDEAC : bientôt une entrée sur les marchés internationaux
Un taux coupon de 7,88 % et une échéance en octobre 2029
Cette première émission internationale affiche un taux coupon en euros de 7,88 % par an, après la mise en place simultanée d’une couverture de change entre l’euro et le dollar américain. Son échéance est fixée à octobre 2029.
Au-delà des fonds levés, la BDEAC a pris des engagements visant à renforcer la transparence financière et la communication avec les investisseurs. Ceux-ci comprennent notamment l’organisation de conférences semestrielles avec les investisseurs et la publication, à la même fréquence, d’une présentation détaillant les principaux indicateurs de l’institution.
Ces publications porteront notamment sur le soutien des actionnaires, la performance du portefeuille de prêts, les activités de financement et la situation de liquidité. À travers ces engagements, la Banque entend instaurer une relation de confiance durable avec ses partenaires internationaux.
Une notation Ba3 maintenue par Moody’s
L’accès de la BDEAC aux marchés internationaux intervient après l’obtention d’une notation de crédit internationale « Ba3 », assortie d’une perspective stable, attribuée par l’agence Moody’s en novembre 2025. Cette notation a été maintenue à l’issue de la revue annuelle de septembre 2026.
La Banque présente cette émission inaugurale comme une première étape dans la construction d’un accès régulier et durable aux marchés internationaux de capitaux. À terme, elle ambitionne d’atteindre la catégorie « Investment Grade », qui regroupe les signatures considérées comme présentant un risque de crédit relativement modéré par les agences de notation.
Lire aussi : BDEAC : Moody’s maintient la note Ba3 avec une perspective stable
Un prêt de 30 millions d’euros conclu avec la BADEA
Le même jour, la BDEAC a également signé un accord de prêt de 30 millions d’euros avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).
La combinaison de cette facilité de prêt et de l’émission obligataire internationale s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources de la Banque. Elle doit lui permettre d’accroître sa capacité de financement et d’accélérer le déploiement de son bilan dans les mois à venir.
La BDEAC entend ainsi articuler diversification des financements, poursuite des réformes et amélioration de ses indicateurs financiers et opérationnels autour d’un objectif : renforcer son rôle dans le financement du développement durable des économies d’Afrique centrale.







