Éthiopie : le Japon finance la mécanisation de la filière riz
L’Éthiopie veut accélérer le développement de sa production rizicole pour réduire sa dépendance aux importations. Le pays, qui couvre encore environ 80 % de ses besoins en riz grâce aux achats extérieurs, mise notamment sur la mécanisation pour améliorer les rendements, réduire les pertes post-récolte et renforcer les capacités de transformation.
Dans cette perspective, le gouvernement éthiopien a signé, le 30 septembre 2026, un accord de subvention de 360 millions de yens, soit environ 2,3 millions de dollars, avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).
L’appui doit permettre de moderniser plusieurs étapes de la chaîne de production rizicole.
Des machines pour renforcer la production
Selon le ministère éthiopien de l’Agriculture, la subvention japonaise financera notamment l’acquisition de moissonneuses-batteuses, de tracteurs, de machines de transformation du riz et d’équipements destinés à la préparation des terres.
L’objectif est triple : augmenter la production, améliorer l’efficacité des opérations de transformation et limiter les pertes enregistrées après la récolte.
Cette orientation répond à une faiblesse persistante de la filière : l’accès limité aux équipements agricoles. La mécanisation reste en effet l’un des principaux défis auxquels est confrontée la riziculture éthiopienne.
La mécanisation reste encore limitée
Une étude réalisée en 2019 dans plusieurs zones rizicoles montre l’ampleur du déficit en équipements. Seulement 2 % des exploitations étudiées utilisaient un tracteur pour la préparation des terres. L’accès aux équipements de polissage du riz concernait, quant à lui, 22,7 % des exploitations.
Ces données, reprises dans le National Rice Flagship Program 2023-2027 du ministère de l’Agriculture, illustrent les difficultés rencontrées par les producteurs pour accéder aux moyens mécaniques nécessaires au développement de la filière.
Le besoin est particulièrement important pour certaines opérations. Le désherbage représentait ainsi environ 66 % de la main-d’œuvre mobilisée dans la riziculture selon cette même étude.
Le programme national identifie notamment la préparation des terres, le désherbage, la récolte, le battage et la transformation comme des étapes où une utilisation accrue de la mécanisation pourrait améliorer la productivité.
L’aide japonaise cible donc plusieurs maillons considérés comme prioritaires.
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La production de riz a presque triplé en une décennie
Malgré ces contraintes, la production rizicole éthiopienne a fortement progressé au cours des dernières années.
D’après les données compilées par le ministère de l’Agriculture, la production de riz paddy est passée de 97 000 tonnes en 2012 à 276 000 tonnes en 2021, soit une multiplication de près de trois en neuf ans.
Dans le même temps, les superficies consacrées à la riziculture sont passées de 34 000 à 88 000 hectares.
Cette progression montre le potentiel de développement de la filière, mais aussi l’écart qui reste à combler par rapport aux ambitions affichées par Addis-Abeba.
Un objectif de 1,93 million de tonnes en 2030
Dans le cadre de la deuxième Stratégie nationale de développement du riz (NRDS-II), qui couvre la période 2019-2030, l’Éthiopie vise une production de 1,93 million de tonnes de riz paddy à l’horizon 2030.
Cette stratégie poursuit notamment un objectif d’autosuffisance en riz, alors que le pays demeure fortement dépendant des importations pour satisfaire sa demande intérieure.
La mécanisation apparaît ainsi comme l’un des leviers permettant de rapprocher la production nationale de cet objectif. L’accès aux tracteurs, aux équipements de récolte et aux machines de transformation peut notamment contribuer à réduire les contraintes liées à la main-d’œuvre et aux pertes post-récolte.
Plusieurs contraintes structurelles restent à lever
L’augmentation des équipements ne suffira toutefois pas, à elle seule, à transformer durablement la filière.
Les autorités identifient plusieurs contraintes structurelles, notamment la faible maîtrise de l’irrigation, l’accès limité au crédit, le manque de personnel qualifié, le morcellement des terres et l’insuffisance d’équipements adaptés.
La mécanisation doit donc s’inscrire dans une approche plus large combinant accès au financement, amélioration des infrastructures agricoles, développement des compétences et modernisation des systèmes de production.
Pour l’Éthiopie, l’enjeu est désormais de convertir la progression déjà enregistrée de la production rizicole en une capacité suffisante pour réduire durablement le recours aux importations. L’appui de la JICA constitue, dans cette perspective, un financement ciblé sur l’un des principaux goulets d’étranglement de la filière.







