RCA : la BAD veut accélérer ses investissements prioritaires
La Banque africaine de développement (BAD) veut accélérer la mise en œuvre de ses investissements en République centrafricaine (RCA), notamment dans les infrastructures de transport, l’énergie, l’eau et l’assainissement ainsi que l’agriculture. Une mission de dialogue de neuf jours, conduite à Bangui du 11 au 19 septembre 2026, a permis de faire le point sur l’avancement des projets et d’identifier les principaux blocages à leur exécution.
Conduite par l’administrateur de la Banque pour la Centrafrique, Régis Lakoué Derant, et le directeur général pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, la mission s’inscrit dans le cadre du dialogue opérationnel entre l’institution et les autorités centrafricaines.
Elle intervient alors que la nouvelle stratégie-pays 2026-2031 de la BAD pour la RCA vise à accélérer la transformation économique du pays.
La BAD veut renforcer le suivi des projets
La délégation a rencontré le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le Premier ministre Félix Moloua, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, également gouverneur de la BAD pour la RCA.
Les échanges ont porté sur l’état d’avancement du portefeuille de projets financés par la Banque et sur les mesures susceptibles d’accélérer leur mise en œuvre.
Parmi les pistes retenues figurent une meilleure préparation des opérations, la réduction des délais de démarrage et le renforcement des capacités des ministères sectoriels et des unités de gestion de projets.
L’accent doit notamment être mis sur les procédures de passation des marchés, de décaissement et de reddition des comptes, identifiées comme des éléments importants pour accélérer l’exécution des investissements.
« Nous devons travailler ensemble pour lever les contraintes qui empêchent l’avancement des projets et créer les conditions permettant d’accélérer les décaissements et la réalisation des investissements », a déclaré Régis Lakoué Derant.
Le Corridor 13 au cœur des priorités
La mission a accordé une attention particulière au Projet de développement du corridor de transport multimodal Pointe-Noire-Brazzaville-Bangui-N’Djamena (CD13).
Financé à hauteur de 282 millions de dollars par le Groupe de la BAD, le projet doit permettre à la Centrafrique de diversifier ses accès aux marchés régionaux grâce à une deuxième liaison vers le port de Pointe-Noire, en République du Congo.
Le chantier du tronçon Bossarangba–Mbaïki, long de 69 kilomètres, ainsi que les travaux de voirie urbaine à Mbaïki affichent un taux de réalisation de 98 % au 31 août 2026.
Les travaux comprennent notamment 4,5 kilomètres de voirie urbaine, contre 3 kilomètres initialement prévus, avec un dispositif d’éclairage public solaire.
La mission a toutefois identifié des retards liés à la libération de certaines emprises, notamment en raison des procédures d’indemnisation des populations affectées. La BAD souhaite donc une meilleure anticipation de ces opérations afin de limiter leur impact sur le calendrier des travaux.
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Un centre de cardiologie en construction à Damara
Le CD13 comprend également la construction d’un centre de cardiologie à Damara, à environ 25 kilomètres de Bangui.
Lors de la visite de terrain, la délégation a constaté que les travaux étaient réalisés à près de 50 %.
Cette infrastructure doit contribuer au développement de l’offre de soins spécialisés et à améliorer l’accès aux services de cardiologie en République centrafricaine.
La mission de la BAD ne s’est donc pas limitée aux infrastructures de transport : elle a également permis d’évaluer l’avancement d’un investissement destiné à renforcer les services sociaux.
L’aéroport de Bangui-M’Poko dépasse 90 % d’exécution
Autre chantier stratégique examiné : le Projet d’appui à la modernisation et à l’extension de l’aéroport international Bangui-M’Poko (PAMAB).
Les travaux de modernisation de l’aérogare et des infrastructures connexes, notamment le parking automobile et la centrale électrique, affichent un taux d’exécution supérieur à 90 %.
Financé par un don de 13,67 millions de dollars du Fonds africain de développement et de la Facilité d’appui à la transition, le projet vise notamment à mettre l’aéroport aux normes requises pour sa certification par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
L’enjeu dépasse ainsi la modernisation des installations. Pour la BAD et les autorités centrafricaines, l’amélioration des infrastructures aéroportuaires doit aussi contribuer à renforcer durablement la connectivité aérienne du pays.
Agriculture, énergie et eau également ciblées
La mission a par ailleurs porté sur plusieurs autres secteurs considérés comme prioritaires dans le portefeuille de la Banque.
Des échanges ont notamment eu lieu avec les ministres chargés de l’Agriculture et du Développement rural, de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, des Transports et de l’Aviation civile, ainsi que de l’Équipement et des Travaux publics.
Les initiatives agricoles, le développement des infrastructures énergétiques et hydrauliques ainsi que les projets de transport doivent faire l’objet d’un suivi renforcé.
L’objectif affiché par la BAD est de passer d’un suivi administratif des opérations à une coordination plus régulière entre les différents acteurs afin de traiter rapidement les contraintes susceptibles de ralentir les décaissements et les travaux.
Une nouvelle dynamique pour le portefeuille de la BAD
À l’issue de la mission, la Banque et les autorités centrafricaines ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre des investissements prioritaires.
Le Corridor 13, l’aéroport de Bangui-M’Poko et les initiatives agricoles figurent notamment parmi les projets appelés à bénéficier d’un suivi renforcé.
Pour la nouvelle stratégie-pays 2026-2031, l’enjeu consiste désormais à transformer les financements mobilisés en réalisations concrètes, tout en renforçant les capacités nationales d’exécution.
La mission de septembre marque ainsi une volonté commune de réduire les délais, d’améliorer la coordination et de lever plus rapidement les obstacles opérationnels qui affectent l’exécution des projets financés par la BAD en République centrafricaine.







