Le CNC examine la situation économique du Togo à fin juin
Le Conseil national du crédit (CNC) a tenu, le 17 septembre 2026, sa troisième session ordinaire de l’année. Présidée par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, la rencontre a porté sur l’évolution de la situation économique, monétaire et bancaire du Togo à fin juin 2026.
La session a réuni notamment le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, ainsi que le directeur national de la BCEAO au Togo, Ekué Djro Glokpor.
Le ministère des Finances présente, à cette occasion, une économie togolaise jugée résiliente, avec une croissance attendue à 6,3 % en 2026, après 6,1 % en 2025.
Une croissance portée par les transports, le commerce et la PIA
Selon les éléments présentés au CNC, la progression de l’activité devrait notamment être soutenue par les transports, le commerce, les activités portuaires et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA).
Cette dynamique intervient dans un environnement de faible inflation. Le taux d’inflation au Togo était de 0,5 % à fin juin 2026, selon les données présentées lors de la session.
À l’échelle de l’UEMOA, la BCEAO estimait pour sa part la croissance à 6,0 % au deuxième trimestre 2026, avec une progression annuelle attendue de 6,1 % pour l’ensemble de l’Union. Le crédit bancaire au secteur privé avait augmenté de 6,6 % à fin juin 2026, contre 6,0 % à fin mars.
Dette publique : le gouvernement met en avant une baisse
La situation des finances publiques figurait également au cœur des échanges. Le ministère des Finances met en avant une dette publique ramenée à 60,2 % du PIB, ainsi qu’un déficit présenté comme maîtrisé.
Ces indicateurs s’inscrivent dans le cadre de la trajectoire budgétaire suivie par les autorités togolaises. Ils constituent également un élément important pour le système financier, dans un contexte où le financement de l’économie repose à la fois sur les ressources bancaires, les marchés de capitaux et les dispositifs publics de garantie.
Crédit agricole : une hausse de 93,3 %
Le financement de l’agriculture constitue l’un des principaux points de vigilance identifiés lors de la session.
Le ministre Barcola a indiqué que les crédits agricoles avaient progressé de 93,3 %, pour atteindre 15,4 milliards de FCFA.
Malgré cette progression, le gouvernement appelle les établissements bancaires à poursuivre leurs efforts, notamment à travers des mécanismes de garantie permettant de réduire les risques liés au financement des activités agricoles.
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Le ProMIFA a notamment été cité comme l’un des mécanismes susceptibles de faciliter cette mobilisation du crédit.
L’enjeu est d’autant plus important que l’accès au financement demeure un facteur déterminant pour l’investissement, la modernisation des exploitations et le développement des chaînes de valeur agricoles.
Les TPME également au cœur des préoccupations
Le financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) constitue le deuxième volet de l’appel adressé au secteur bancaire.
Le CNC invite les banques et les autres acteurs financiers à renforcer leur accompagnement de ces entreprises, qui occupent une place importante dans l’activité économique mais peuvent rencontrer davantage de contraintes d’accès au crédit.
L’objectif est notamment de favoriser une meilleure transformation de l’épargne disponible en financements destinés aux activités productives.
Microfinance : le CNC appelle à l’application des plans de redressement
La deuxième vigilance concerne le secteur de la microfinance.
Le ministre des Finances a appelé à une exécution stricte des plans de redressement des institutions concernées, avec pour objectif de préserver l’épargne des populations.
Cette question revêt une importance particulière pour l’inclusion financière, compte tenu du rôle joué par les institutions de microfinance dans l’accès aux services financiers pour les ménages et les petites activités économiques.
La BCEAO maintient ses principaux taux directeurs
Les travaux du CNC se sont poursuivis avec l’examen des décisions prises par le Comité de politique monétaire (CPM) de la BCEAO le 9 septembre 2026 à Dakar.
À l’issue de cette réunion, la BCEAO a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3,00 % et son taux du guichet de prêt marginal à 5,00 %. Le coefficient des réserves obligatoires est également resté fixé à 3,00 %.
La Banque centrale relève parallèlement que l’inflation dans l’UEMOA s’est établie à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, tandis que le crédit bancaire au secteur privé progressait de 6,6 % à fin juin.
Le financement de l’économie au centre des prochains enjeux
La troisième session ordinaire du CNC met ainsi en évidence un double mouvement : d’un côté, des indicateurs macroéconomiques présentés comme favorables, avec une croissance attendue à 6,3 % et une inflation contenue ; de l’autre, la nécessité de mieux orienter les ressources financières vers les secteurs productifs.
L’agriculture, les TPME et la solidité du secteur de la microfinance apparaissent ainsi comme des sujets prioritaires pour les acteurs réunis au sein du CNC.
Le Conseil national du crédit, qui se réunit quatre fois par an, constitue à ce titre un cadre de suivi de l’évolution économique, monétaire et financière du Togo. Il réunit notamment les représentants de l’État, de la BCEAO, des banques, de la microfinance, du secteur privé et des organisations professionnelles.







