Mali : Bloomfield réévalue la notation financière du pays
Le Mali fait l’objet d’une nouvelle évaluation de son profil économique et financier par Bloomfield Investment Corporation. Une délégation de l’agence de notation, conduite par son directeur de mission Blanchard Tra Bi, a été reçue le 29 septembre 2026 à Bamako par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.
Cette mission doit actualiser l’analyse de la situation économique, des finances publiques et du climat des affaires du pays. La nouvelle évaluation intervient alors que Bamako met en avant plusieurs réformes et affiche des ambitions élevées en matière de croissance.
Une nouvelle évaluation attendue par les investisseurs
La mission de Bloomfield doit notamment fournir une appréciation actualisée de la situation économique et financière du Mali. Les résultats de cette évaluation intéressent directement les investisseurs, les établissements financiers et les acteurs du marché des titres publics. Le gouvernement malien souligne que ce type de notation contribue à donner davantage de visibilité aux investisseurs sur la situation générale du pays.
Lors de sa précédente revue, publiée en décembre 2025, Bloomfield avait maintenu la note du Mali à BBB pour les engagements à long terme et à A3 pour le court terme, avec une perspective stable.
À ce stade, toutefois, aucune nouvelle note n’a encore été annoncée. Les déclarations faites lors de l’ouverture de la mission ne constituent donc pas la décision finale de l’agence.
Bamako vise une croissance de 10 % à l’horizon 2033
Le gouvernement malien table sur une croissance réelle de 6,3 % en 2026 et affiche l’objectif d’atteindre 10 % à l’horizon 2033.
Les projections internationales citées dans les données disponibles sont plus prudentes. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 5,5 % en 2026, tandis que la Banque mondiale table sur 5 %.
L’écart entre l’objectif gouvernemental de long terme et les projections internationales constitue ainsi l’un des éléments à suivre dans l’évaluation de la trajectoire économique du pays.
Lire aussi : Croissance Mali : une reprise solide malgré les risques
Une dette publique projetée autour de 41 % du PIB
Sur le plan des finances publiques, la Banque mondiale estimait la dette publique malienne à 42,3 % du PIB en 2025. Elle prévoit un repli autour de 41,1 % sur la période 2026-2027.
Le Mali est par ailleurs classé parmi les pays présentant un risque modéré de surendettement, selon les données reprises dans le texte source.
Cette situation devra être appréciée dans le contexte de l’évolution des recettes publiques, des besoins de financement de l’État et des conditions auxquelles le pays accède aux ressources financières.
Un budget 2027 avec un déficit de 596 milliards FCFA
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit des recettes budgétaires de 3 866,635 milliards de FCFA, pour des dépenses de 4 462,646 milliards de FCFA.
Le déficit prévisionnel ressort ainsi à 596,011 milliards de FCFA, contre 620,425 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026, soit une baisse de 3,93 %. Ces chiffres correspondent aux prévisions adoptées par le Conseil des ministres malien le 18 septembre 2026.
L’amélioration annoncée du déficit intervient donc alors même que les recettes et les dépenses budgétaires sont toutes deux projetées en hausse.
Réformes minières et diversification mises en avant
Au cours des échanges avec Bloomfield, les autorités maliennes ont notamment mis en avant la réforme du Code minier, le développement du contenu local, la diversification des partenaires économiques et la mobilisation de la diaspora.
Le gouvernement souhaite notamment favoriser une orientation accrue des capitaux de la diaspora vers des projets productifs et structurants.
Le secteur minier occupe une place importante dans cette stratégie, alors que le pays cherche également à diversifier ses sources de croissance.
Plusieurs risques restent à surveiller
L’évaluation de Bloomfield intervient néanmoins dans un environnement marqué par plusieurs contraintes.
Les principaux risques identifiés dans les éléments fournis concernent notamment l’insécurité, le coût de l’énergie, les perturbations des corridors commerciaux, le recul de la production aurifère et les difficultés d’accès au financement.
À l’inverse, plusieurs secteurs sont identifiés comme susceptibles de soutenir l’activité, notamment la reprise minière, le lithium, l’agriculture et les télécommunications.
L’enjeu pour l’évaluation sera donc de mesurer la manière dont ces facteurs positifs et négatifs influencent la trajectoire économique et financière du pays.
La nouvelle note de Bloomfield reste attendue
La mission engagée à Bamako ne débouche pas encore sur une nouvelle notation. Le rapport définitif de Bloomfield devra permettre de mesurer l’évolution de son appréciation du profil économique et financier du Mali depuis la précédente revue.
Pour les investisseurs et les acteurs du marché régional, cette prochaine publication sera particulièrement suivie, notamment au regard des ambitions de croissance affichées par Bamako, de l’évolution des finances publiques et des risques pesant sur l’activité.
Le Mali engage une nouvelle évaluation de sa notation financière par Bloomfield Investment Corporation dans un contexte économique contrasté. Le gouvernement met en avant ses réformes et vise une croissance de 10 % à l’horizon 2033, tandis que les projections internationales pour 2026 restent plus modérées.
Avec un déficit budgétaire prévisionnel de 596,011 milliards de FCFA en 2027 et une dette publique projetée autour de 41 % du PIB, le pays présente également plusieurs paramètres financiers que l’agence devra intégrer à son analyse. La nouvelle note de Bloomfield reste désormais attendue.







