Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri nommée cheffe du gouvernement
Le Maroc ouvre une nouvelle séquence politique avec la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement. Le roi Mohammed VI l’a nommée cheffe du gouvernement mardi 29 septembre 2026 et l’a chargée de former le nouvel exécutif, conformément à l’article 47 de la Constitution. L’annonce a été faite par le ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie.
Cette nomination intervient six jours après les élections législatives du 23 septembre, remportées par le Parti authenticité et modernité (PAM), dont El Mansouri coordonne la direction collégiale. Avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, le parti est arrivé en tête, mais ne dispose pas de majorité absolue.
Une première pour une femme à la tête du gouvernement
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri constitue une première dans l’histoire du Maroc : elle devient la première femme à diriger le gouvernement du Royaume. Elle succède à Aziz Akhannouch, qui occupait le poste depuis 2021.
À l’issue de son audience avec le roi Mohammed VI, la nouvelle cheffe du gouvernement a déclaré qu’elle allait entamer les concertations nécessaires pour proposer une nouvelle équipe gouvernementale. Elle a également qualifié sa nomination de moment historique pour le pays.
Le PAM doit désormais construire une majorité parlementaire
Avec 97 sièges, le PAM arrive en première position, mais reste loin des 198 sièges nécessaires pour atteindre la majorité absolue à la Chambre des représentants.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) arrive en deuxième position avec 66 sièges, devant le Parti de l’Istiqlal, qui en obtient 65. Le Parti de la justice et du développement (PJD) décroche pour sa part 54 sièges.
La formation du gouvernement nécessitera donc des accords entre plusieurs partis. Le PJD a annoncé son intention de rester dans l’opposition, selon les informations rapportées après le scrutin.
La nouvelle cheffe du gouvernement doit ainsi engager des discussions avec les différentes formations représentées au Parlement afin de constituer une équipe capable d’obtenir le soutien parlementaire nécessaire.
Une dirigeante issue de Marrakech
Fatima Ezzahra El Mansouri possède déjà une longue expérience politique et institutionnelle.
Avocate de formation, elle a dirigé le conseil communal de Marrakech à partir de 2009, devenant la première femme à occuper cette fonction dans la ville. Elle a ensuite retrouvé la tête de la municipalité en 2021.
Elle a également exercé des responsabilités nationales. Nommée en octobre 2021 ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, elle a intégré en 2024 la direction collégiale du PAM, dont elle est aujourd’hui coordinatrice.
Son parcours combine ainsi responsabilités municipales, mandat parlementaire, fonction gouvernementale et direction partisane.
Un nouveau gouvernement attendu après les législatives
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri constitue désormais le point de départ du processus de formation du nouvel exécutif.
Le calendrier politique est particulièrement important puisque le PAM doit composer avec une Assemblée fragmentée. La nouvelle cheffe du gouvernement devra donc conduire les consultations avec les différentes formations politiques avant de proposer la composition de son équipe.
Parmi les principaux dossiers économiques et sociaux qui attendent le prochain gouvernement figurent notamment l’emploi, le pouvoir d’achat et la poursuite des grands projets d’infrastructures, dans un contexte où le Maroc prépare également la Coupe du monde de football 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque une étape inédite dans l’histoire politique du Maroc. Première femme appelée à diriger le gouvernement, elle prend ses fonctions après la victoire du PAM aux législatives du 23 septembre.
Avec 97 sièges, le parti arrivé en tête devra toutefois s’appuyer sur d’autres formations pour constituer une majorité parlementaire. La prochaine étape sera donc celle des négociations pour former le nouvel exécutif.







