BEAC : les taux directeurs restent inchangés à 4,50 %
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) maintient le statu quo sur ses principaux instruments de politique monétaire. Réuni lundi à Yaoundé sous la présidence de son gouverneur, Yvon Sana Bangui, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé de conserver inchangés les taux directeurs et les coefficients des réserves obligatoires.
Cette décision intervient dans un environnement marqué par un ralentissement attendu de la croissance en zone CEMAC, mais aussi par une inflation qui devrait rester sous le seuil communautaire de 3 %.
Le principal taux directeur reste à 4,50 %
Le taux d’intérêt des appels d’offres, principal taux directeur de la BEAC, demeure fixé à 4,50 %.
Le CPM a également maintenu :
- le taux de la facilité de prêt marginal à 5,75 % ;
- le taux de la facilité de dépôt à 0 % ;
- le coefficient des réserves obligatoires à 6,50 % pour les exigibilités à vue ;
- le coefficient à 4,00 % pour les exigibilités à terme.
Le maintien de ces paramètres traduit la volonté de conserver les conditions monétaires actuelles alors que les perspectives macroéconomiques régionales évoluent de manière différenciée.
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La croissance de la CEMAC devrait ralentir à 3 % en 2026
Selon les projections actualisées en septembre par les services de la BEAC, l’économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait enregistrer une croissance de 3,0 % en 2026, après 3,7 % en 2025.
Le ralentissement attendu constitue l’un des principaux éléments du contexte dans lequel intervient la décision du CPM.
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L’inflation devrait rester sous 3 %
Sur le front des prix, les projections restent plus contenues. L’inflation moyenne annuelle est attendue à 2,2 % en 2026, contre 2,0 % en 2025.
Elle resterait ainsi inférieure à la norme communautaire de 3 %.
Cette évolution contraste avec le ralentissement de l’activité économique : malgré une progression moins rapide du PIB régional, les tensions inflationnistes devraient rester contenues selon les projections de la banque centrale.
Les finances publiques devraient s’améliorer
Les perspectives présentées par la BEAC font également apparaître une amélioration attendue des finances publiques.
Le déficit budgétaire, hors dons et sur la base des engagements, devrait revenir à 3,3 % du PIB en 2026, contre 4,5 % en 2025.
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Le déficit du compte courant devrait suivre une trajectoire comparable, passant de 4,2 % du PIB en 2025 à 2,8 % en 2026.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte où les indicateurs extérieurs de la sous-région devraient également se renforcer.
Les réserves de change en hausse
Les réserves de change de la CEMAC devraient atteindre l’équivalent de 4,53 mois d’importations de biens et services à fin 2026, contre 4,07 mois en 2025.
Dans le même temps, le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait progresser à 72,4 %, après 65,2 % en 2025.
L’amélioration de ces deux indicateurs constitue un élément important du contexte monétaire régional, dans la mesure où elle renseigne sur la position extérieure de la zone et sa capacité à couvrir ses besoins d’importations.
Un environnement mondial moins dynamique
Le CPM a également pris en compte l’évolution de l’économie mondiale. Il relève notamment les perspectives du Fonds monétaire international (FMI), qui table désormais sur une croissance mondiale de 3,0 % en 2026, après 3,5 % en 2025.
Cette décélération intervient notamment dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, susceptibles de continuer à peser sur l’environnement économique international.
La BEAC maintient donc son dispositif monétaire
La troisième session ordinaire de 2026 du CPM débouche ainsi sur le maintien de l’ensemble des principaux paramètres monétaires : 4,50 % pour le taux des appels d’offres, 5,75 % pour la facilité de prêt marginal et 0 % pour la facilité de dépôt.
Cette décision intervient alors que les projections de la BEAC font apparaître simultanément un ralentissement de la croissance, une inflation toujours inférieure à la norme communautaire, une réduction attendue des déficits et une amélioration des réserves extérieures.
La BEAC maintient ses principaux taux directeurs inchangés lors de sa troisième réunion ordinaire de 2026. Le taux des appels d’offres reste à 4,50 %, tandis que les perspectives actualisées tablent sur une croissance de 3 % en CEMAC en 2026 et une inflation moyenne de 2,2 %. La banque centrale conserve ainsi ses paramètres monétaires dans un environnement régional marqué par un ralentissement de l’activité mais aussi par une amélioration attendue de plusieurs équilibres macroéconomiques.







