Cameroun : Banane-Plantain S.A. pourrait mobiliser 150 milliards FCFA à la BVMAC
La Filière banane-plantain du Cameroun (FBPC) prépare un projet de société commerciale baptisée Banane-Plantain S.A., avec l’ambition de mobiliser jusqu’à 150 milliards de FCFA sur le marché financier régional à travers la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).
Le projet, porté par le président de la FBPC Tony Obam, en est toutefois encore à une phase préparatoire. Aucune introduction en Bourse ni offre publique de titres n’a encore été officiellement enregistrée. La BVMAC parle pour l’instant de travaux de consultation autour de la création future de cette société.
Une première consultation avec la BVMAC
Une séance de travail s’est tenue le 10 septembre 2026 à Douala entre la FBPC, la BVMAC, des sociétés de Bourse et différents acteurs associés au projet.
Selon Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC, cette rencontre constituait une consultation préalable. Des recommandations doivent encore être formulées avant les éventuelles étapes conduisant à une opération de marché.
Les promoteurs envisagent néanmoins un calendrier de six mois pour préparer l’entrée de Banane-Plantain S.A. sur le compartiment actions de la BVMAC. Cette échéance devra notamment être accompagnée de la constitution effective de la société, de la préparation du dossier et de l’accomplissement des différentes procédures réglementaires.
300 millions d’actions à 500 FCFA
Le montage actuellement présenté repose sur l’émission de 300 millions d’actions au prix unitaire de 500 FCFA, soit un montant théorique de 150 milliards de FCFA.
Une précédente communication publiée par Cameroon Tribune faisait cependant état de 300 000 actions à 500 FCFA, soit seulement 150 millions de FCFA. Cette différence de volume est importante. Les informations les plus récentes relatives au projet de mobilisation de 150 milliards retiennent, elles, l’hypothèse de 300 millions d’actions.
À ce stade, ces chiffres correspondent donc au schéma envisagé par les promoteurs et non à une levée de fonds déjà réalisée.
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Les producteurs au cœur du capital
Le projet prévoit d’associer directement les producteurs à la future société. Ils pourraient détenir 25 % du capital, tandis que les 75 % restants seraient ouverts à plusieurs catégories d’investisseurs.
Sont notamment ciblés les particuliers, la diaspora camerounaise, les États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les banques commerciales et les investisseurs institutionnels.
Banane-Plantain S.A. serait structurée sous la forme d’une société à capital variable. Le projet prévoit également la possibilité d’apports en nature, notamment des terrains et des équipements agricoles, ainsi que la création, à terme, de filiales dans les cinq autres pays de la CEMAC.
Une société destinée à organiser la commercialisation
Le modèle économique envisagé repose notamment sur la contractualisation avec les producteurs.
Banane-Plantain S.A. aurait ainsi vocation à acheter la production des planteurs affiliés à la filière, avant de l’écouler sur le marché camerounais, auprès des exportateurs ou encore des entreprises de transformation.
L’objectif est de créer une structure capable de mieux organiser les flux commerciaux et de renforcer la valorisation de la banane-plantain à l’échelle de l’Afrique centrale.
Cette stratégie s’accompagnerait d’un déploiement régional, avec l’ambition d’étendre le modèle aux autres marchés de la CEMAC.
Messamena, premier laboratoire du projet
Le projet boursier s’inscrit parallèlement dans une initiative agricole développée à Messamena, dans la région de l’Est.
Le site pilote retenu couvre 50 hectares et doit accueillir 25 000 vitroplants de banane-plantain. Le lancement officiel de cette phase pilote a eu lieu le 26 septembre 2026, en présence du ministre de l’Agriculture et du Développement rural Gabriel Mbairobe. Selon Cameroon Tribune, les plants améliorés pourraient permettre d’atteindre une production de 30 000 tonnes à l’horizon 2028.
Cette composante agricole doit notamment servir de base à la mise en œuvre du modèle économique défendu par la FBPC.
Un projet qui doit encore franchir plusieurs étapes
L’ambition de mobiliser 150 milliards de FCFA intervient après plusieurs annonces d’investissement dans la filière. En 2023, les Services du Premier ministre avaient notamment évoqué 70 milliards de FCFA d’investissements attendus et une production annuelle projetée de 10 millions de tonnes.
En mai 2024, la FBPC avait également signé une convention-cadre avec La Régionale Bank destinée à faciliter le financement des acteurs de la filière, avec des lignes de crédit pouvant atteindre 250 millions de FCFA par bénéficiaire.
Le projet présenté à la BVMAC constitue toutefois une étape différente : il s’agit désormais de préparer une structure commerciale susceptible de recourir au marché financier régional.
Pour l’heure, les 150 milliards de FCFA constituent un objectif de mobilisation et non une levée de fonds effective. La constitution de Banane-Plantain S.A., la finalisation de son montage financier, la préparation du dossier boursier et les autorisations réglementaires restent autant d’étapes à franchir avant une éventuelle opération sur la BVMAC.







