La République du Congo a enregistré une progression de son activité économique en 2025, sans parvenir à améliorer significativement les conditions de vie d’une large partie de sa population. Selon le Baromètre économique de la CEMAC de juillet 2026, la croissance du PIB réel s’est établie à 3,1 %, tandis que le taux de pauvreté est resté à 51,7 %. Cette situation met en évidence les limites d’un modèle économique fortement dépendant du pétrole, alors que l’endettement public demeure particulièrement élevé.
Une croissance économique qui reste insuffisante pour réduire la pauvreté
Après plusieurs années de difficultés économiques, la République du Congo a renoué avec une croissance positive à partir de 2021. Toutefois, la reprise demeure relativement modeste.
Entre 2022 et 2024, la croissance économique moyenne s’est limitée à 1,8 %. En 2025, elle a accéléré pour atteindre 3,1 %, portée par des gains dans les secteurs pétrolier et non pétrolier.
La croissance non pétrolière s’est établie à 3,8 %, soutenue notamment par les services. Le secteur pétrolier a également contribué positivement à l’activité, grâce aux investissements et à l’arrivée de nouveaux opérateurs.
Malgré cette amélioration, les retombées sur les conditions de vie restent limitées. Le taux de pauvreté, mesuré selon le seuil de 3 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat (PPA) de 2021, s’établissait à 51,7 % en 2025.
Cette situation s’inscrit dans les conséquences d’une crise économique prolongée, déclenchée par l’effondrement des prix du pétrole en 2014. Cette crise a entraîné une récession qui a réduit le revenu par habitant d’environ un tiers.
Entre 2015 et 2022, le taux de pauvreté selon le seuil de 3 dollars par jour a augmenté de 13,6 points de pourcentage, avant de stagner à un niveau élevé.
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La dépendance au pétrole freine la diversification économique
La structure de l’économie congolaise constitue l’un des principaux obstacles à une croissance plus inclusive.
La dépendance aux hydrocarbures expose le pays aux fluctuations des cours internationaux. Lorsque les prix du pétrole diminuent, les recettes d’exportation et les ressources publiques peuvent être affectées, ce qui fragilise l’activité économique et les finances de l’État.
Parallèlement, la faiblesse des secteurs non pétroliers limite les possibilités de diversification et de création d’emplois.
La croissance du secteur pétrolier ne se traduit pas nécessairement par une augmentation proportionnelle de l’emploi, compte tenu de ses caractéristiques productives. Une grande partie des emplois occupés par les populations pauvres reste concentrée dans l’agriculture à faible productivité et les activités informelles.
Cette configuration réduit la capacité de l’économie à générer des revenus réguliers et suffisamment élevés pour permettre une diminution durable de la pauvreté.
L’amélioration du capital humain, des infrastructures, de la gouvernance et du climat des affaires apparaît ainsi essentielle pour soutenir le développement des activités non pétrolières.
Finances publiques : un excédent budgétaire en net recul
La situation budgétaire du Congo s’est détériorée en 2025, malgré les efforts de mobilisation des recettes non pétrolières.
L’excédent budgétaire global a fortement diminué pour s’établir à 0,6 % du PIB, sous l’effet de la baisse des recettes pétrolières.
En revanche, le déficit budgétaire non pétrolier a poursuivi sa réduction, passant de 7,4 % du PIB en 2024 à 6,8 % en 2025.
Cette évolution reflète les efforts engagés pour renforcer les recettes publiques hors pétrole.
Les recettes non pétrolières ont notamment bénéficié de la TVA sur les importations de pétrole, de la modernisation des douanes et des réformes budgétaires.
Ces mesures contribuent à élargir les ressources de l’État et à réduire progressivement sa dépendance aux revenus des hydrocarbures. Toutefois, les finances publiques restent soumises à des pressions importantes, en raison du niveau élevé des dépenses et des contraintes de liquidité.
Dette publique : le Congo reste en situation de surendettement
L’endettement constitue l’une des principales vulnérabilités macroéconomiques du pays.
En 2025, la dette publique représentait 97,4 % du PIB, un niveau particulièrement élevé. Le Congo demeure ainsi en situation de surendettement.
Pour faire face à ses besoins de financement et refinancer une partie de sa dette à court terme, le gouvernement a émis 1,63 milliard de dollars d’euro-obligations, également appelées Eurobonds.
Cette opération a permis d’apporter un soulagement temporaire aux besoins de financement de l’État. Elle comporte néanmoins des risques supplémentaires.
La dette libellée en dollars expose notamment les finances publiques aux variations de change et aux difficultés de mobilisation des devises nécessaires au remboursement.
Dans un contexte de diminution des entrées de devises au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le service de cette dette pourrait accentuer les pressions sur les réserves extérieures et renforcer les vulnérabilités macroéconomiques.
La gestion de la dette et l’amélioration de la liquidité budgétaire demeurent donc des enjeux centraux pour préserver la stabilité financière du pays.
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Le compte courant redevient déficitaire en 2025
La situation extérieure du Congo a également enregistré une évolution défavorable.
Le compte courant est redevenu déficitaire en 2025, avec un solde négatif équivalant à 2,5 % du PIB.
Cette dégradation s’explique notamment par la diminution des recettes d’exportation de pétrole, qui constituent une source importante de devises pour l’économie congolaise.
L’évolution du compte courant souligne ainsi la vulnérabilité du pays aux fluctuations du secteur pétrolier.
Parallèlement, l’inflation s’est légèrement atténuée pour s’établir à 2,9 %.
Si cette évolution des prix constitue un élément de la conjoncture économique, elle ne suffit pas à compenser les difficultés structurelles liées à la faiblesse de la création d’emplois et à la stagnation de la pauvreté.
Diversification et emploi : les conditions d’une croissance plus inclusive
Pour améliorer durablement les conditions de vie de sa population, la République du Congo doit renforcer les moteurs non pétroliers de son économie.
La diversification économique représente un levier essentiel pour réduire l’exposition aux chocs pétroliers et favoriser l’émergence de nouvelles activités productives.
Plusieurs domaines apparaissent déterminants : le développement du capital humain, l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la gouvernance et l’assainissement du climat des affaires.
Ces transformations pourraient favoriser l’investissement privé, accroître la productivité et élargir les possibilités d’emploi, notamment pour les jeunes.
L’amélioration de la productivité agricole et le développement d’activités non pétrolières capables de générer davantage de valeur ajoutée constituent également des enjeux importants.
Une croissance plus diversifiée permettrait progressivement de réduire la concentration des revenus et des emplois dans un nombre limité de secteurs.
Convertir la reprise économique en amélioration du niveau de vie
Les résultats économiques de 2025 illustrent les limites du modèle de croissance congolais. Malgré une progression du PIB réel de 3,1 %, la pauvreté reste élevée, tandis que la dette publique atteint 97,4 % du PIB.
La baisse des recettes pétrolières, les contraintes de liquidité et le déficit du compte courant soulignent également les risques associés à la dépendance aux hydrocarbures.
La capacité du Congo à transformer sa reprise économique en progrès social dépendra notamment de sa faculté à diversifier son appareil productif, à stimuler la création d’emplois et à renforcer la gestion de ses finances publiques.







