Afrique de l’Ouest : la gouvernance de l’eau au cœur des priorités régionales
Les ministres ouest-africains chargés des ressources en eau ont adopté à Abidjan un ensemble de résolutions stratégiques destinées à renforcer la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et la coopération autour des ressources hydriques partagées.
Réunie sous l’égide de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, la 6ᵉ Session ordinaire du Comité ministériel de suivi de la GIRE a notamment porté sur la mise en œuvre des engagements régionaux, les défis liés aux bassins transfrontaliers et les priorités de la prochaine phase de coopération.
Des décisions sur la politique régionale de l’eau
Les ministres se sont appuyés sur les recommandations issues de la 13ᵉ Session ordinaire du Comité des experts techniques, tenue les 21 et 22 septembre 2026 à Abidjan.
Parmi les principales orientations adoptées figurent la révision de la Politique des ressources en eau de l’Afrique de l’Ouest, l’opérationnalisation de la Vision africaine de l’Eau 2063 au niveau régional et le renforcement des systèmes d’information et de gestion des connaissances sur l’eau.
Les États souhaitent également développer des mécanismes de financement plus durables pour le secteur et renforcer la coopération afin de lutter contre la pollution transfrontalière et les autres pressions environnementales affectant les bassins fluviaux partagés.
Le financement de l’eau identifié comme un enjeu majeur
Les discussions ont également mis l’accent sur la nécessité d’accroître les investissements consacrés aux infrastructures et à la gestion des ressources hydriques.
Les partenaires techniques et financiers ont notamment appelé à renforcer les mécanismes de financement innovants et à promouvoir davantage les solutions fondées sur la nature, avec l’objectif de renforcer la résilience des territoires tout en préservant les écosystèmes et les moyens de subsistance.
Les travaux techniques avaient par ailleurs relevé l’absence de suivi opérationnel du projet de Fonds de l’eau de l’Afrique de l’Ouest, malgré une étude de faisabilité financée par la Banque mondiale.
Une coopération renforcée autour des bassins transfrontaliers
La coopération entre les États constitue un autre axe important de la nouvelle feuille de route. L’Afrique de l’Ouest compte 28 bassins fluviaux partagés, couvrant près de 71 % de la superficie de la région, ce qui illustre l’importance des mécanismes communs de gestion des ressources en eau.
Les travaux ont notamment fait état de la création de l’Autorité de gestion du bassin transfrontalier du fleuve Mano, dont les instruments juridiques ont reçu les validations technique et ministérielle.
La région entend également améliorer la coordination entre les États, les organismes de bassin, les institutions régionales et les partenaires au développement afin que les décisions adoptées puissent être suivies et évaluées.
La participation des femmes et des jeunes mise en avant
La gouvernance régionale de l’eau doit également intégrer davantage les différentes catégories de parties prenantes.
La présidente du Conseil consultatif sous-régional sur les ressources en eau, Dr Boluwaji Onobolu, a notamment appelé à une participation accrue des femmes, des jeunes et de la société civile dans les mécanismes de décision.
Cette approche doit contribuer à renforcer la prise en compte des besoins des populations dans l’élaboration des politiques régionales relatives aux ressources hydriques.
Le FREAO, nouvelle étape de la coopération régionale
Les résolutions ministérielles interviennent à l’approche du premier Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO), organisé les 24 et 25 septembre 2026 à Abidjan autour du thème : « Valoriser l’eau pour transformer l’Afrique de l’Ouest ».
Les conclusions des travaux techniques et ministériels doivent alimenter les discussions de ce forum, présenté par la CEDEAO comme une nouvelle étape de l’agenda régional consacré à l’eau.
À plus long terme, les institutions régionales veulent consolider les mécanismes de gestion intégrée des ressources en eau, développer des financements durables et améliorer le fonctionnement des dispositifs transfrontaliers. L’objectif est de faire de la gouvernance de l’eau un élément structurant de la résilience climatique, de la sécurité hydrique et de l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.






