Tunisie : 240 millions de dollars de la BAD pour l’eau et l’industrie
La Tunisie et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé, le 22 septembre 2026 à Tunis, deux accords de prêt et de garantie portant sur un montant total annoncé de 240 millions de dollars. Les financements doivent soutenir la modernisation du réseau d’eau potable du Grand Tunis, à travers la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), et la réhabilitation environnementale et industrielle du Groupe Chimique Tunisien (GCT).
Inscrites dans les priorités du Plan de développement tunisien 2026-2030, ces opérations concernent deux secteurs stratégiques : l’accès à l’eau et la transformation industrielle.
Un financement pour améliorer la distribution d’eau dans le Grand Tunis
Le premier financement prend la forme d’un prêt de 111,5 millions d’euros accordé à la SONEDE, avec la garantie de l’État tunisien. Il est destiné au Projet d’amélioration des performances techniques et énergétiques du réseau d’eau potable du Grand Tunis (PAP-GT).
Le projet vise à renforcer la fiabilité et l’efficacité du service d’eau potable pour près de 3 millions d’habitants. Les travaux prévus comprennent notamment :
- la réhabilitation de 25 kilomètres de conduites d’adduction ;
- la rénovation de 113 kilomètres de réseau de distribution ;
- la modernisation de trois répartiteurs ;
- le déploiement d’équipements de détection des fuites.
L’objectif est d’améliorer le fonctionnement du réseau et de limiter les pertes d’eau, tout en renforçant la capacité de la SONEDE à gérer les infrastructures.
Eau et énergie : une modernisation qui passe aussi par le numérique
Le PAP-GT comporte également un volet énergétique. Il prévoit l’installation de 17 mégawatts d’énergie solaire, la mise en place de turbines de récupération d’énergie au niveau des brise-charges et la modernisation des équipements électromécaniques.
La numérisation figure parmi les autres composantes du projet. Le programme prévoit notamment l’installation de 120 000 compteurs intelligents, au bénéfice d’environ 500 000 habitants, ainsi que le développement de systèmes de télémesure et de télégestion.
Ces outils doivent permettre un suivi plus précis du réseau et une détection plus rapide des anomalies. Leur efficacité dépendra toutefois de leur intégration aux opérations de maintenance et aux pratiques de gestion de l’opérateur.
110 millions de dollars pour réhabiliter le Groupe Chimique Tunisien
Le second accord porte sur un prêt de 110 millions de dollars au Groupe Chimique Tunisien, également assorti de la garantie souveraine de l’État. Il finance le Projet d’appui à la mise à niveau environnementale et à la réhabilitation des unités de production du GCT (PAER-GCT).
Les investissements concerneront les sites de Gabès, Skhira et M’Dhilla. Ils doivent contribuer à améliorer les performances environnementales, énergétiques et opérationnelles du groupe, notamment par le traitement des émissions atmosphériques, la modernisation d’unités critiques et l’amélioration de l’efficacité énergétique.
À Gabès, la valorisation de la vapeur disponible doit permettre une capacité d’autoproduction électrique de 23 mégawatts. Cette composante vise à renforcer l’efficacité énergétique du site, dans le cadre plus large de sa mise à niveau industrielle.
Les autorités mettent en avant la sécurité hydrique et la transition écologique
Lors de la signature, le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a indiqué que les deux projets s’inscrivaient dans les orientations du Plan de développement 2026-2030, en particulier celles consacrées à la sécurité alimentaire, énergétique et hydrique ainsi qu’à la préservation d’un environnement sain.
Pour Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la BAD pour l’Afrique du Nord et responsable-pays pour la Tunisie, la transformation industrielle doit s’accompagner d’une réduction de la pollution et d’une amélioration durable du cadre de vie. Elle a également souligné les objectifs de fiabilité de la production, de performance environnementale et de compétitivité associés à la modernisation du GCT.
Un partenariat autour des infrastructures et des services essentiels
Les deux opérations s’inscrivent dans le partenariat entre la Tunisie et la BAD pour accompagner les priorités nationales de développement. Elles ciblent des infrastructures et des activités dont les performances ont des implications directes pour les ménages, les entreprises et l’environnement.
Pour le réseau d’eau du Grand Tunis, les résultats dépendront notamment de la réduction effective des pertes, de la continuité du service et de la capacité de l’opérateur à maintenir les équipements rénovés. Pour le GCT, l’enjeu sera de traduire les investissements en améliorations mesurables de la production, de la consommation énergétique et des émissions polluantes.
Ces financements associent ainsi modernisation des services publics, réhabilitation industrielle et objectifs de transition écologique. Leur impact devra être apprécié à partir de la réalisation des travaux et des résultats opérationnels et environnementaux obtenus.







